‹ Œuvres complètes de FléchierChapitre 9 sur 181 · LETTRE XIX · texte numérisé non relu

LETTRE XIX

DS CORSOLATlOn A DIS AELIGIKU8K8 , 8UK LA MOET DE LBTK SCPSaiSURB.

Vous ne doutez p^s, mes chères filles, que je n'aie été sensiblement touché, et pour vous et j^ur moi,, de la perte que nous avons faite de votre vertueuse;, supérieure. Yens conooissez sa vertu, sa prudence dans sa conduite et sa charité pour vous , et vous avez eu raison de la regretter. Je crois bien aussi que vous n'avez rien oublié pour la conserver; et que, si Dieu eût béni vos soin» ou voulu exaucer vos vœux , elle vivroit encore pour votre consolation et pour le bien de votre monastère. Mais vous savez qu il £aiut adm*er les ordres de la Providence ; et la résignation que cette bonne mère a témoignée en mosrant vous doit apprendre celle que vous de*vez avoir dans la douleur où vous êtes de l'avoir perdue. 11 ne faut plus penser qu'à prier pour elle, et à imiter sa patience et sa charité. Je voudrois être auprès de vous pour vous donner les consolations dont vous avez besoin dans une si trîâte occasion « Mais j espère que Dieu vous les donnera lui-même, et que vous aurez soin d'attirer sur vous , par vos prières, les grâces et les bénédictions qui peuvent vous rendre saintes et heureuses dans votre vocation. Vous ne pouvez, l'être , mes chères sœurs, si vous n'éles unies dans le même esprit par la p^dx de Jésus*? Christ , et par le désir de vous avancer dans la perfection. Vous avez voire mère assistante que vous

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devez regarder comme votre supérieure, jusqu^à ce que nous puissions y pourvoir autrement. Faites que je trouve dans votre communauté l'esprit de soumission et de douceur que votre saint fondateur vous a tant recommandé -, et soyez persuadées que je chercherai aiiflsi toutes les occasions de vous témoigner le zèle que j*ai pour votre repos et pour votre avancemient spirituel , et la charité paternelle avec laquelle je suis, me% chères sœurs, votre, etc.

A Saîut-Germain^it-Laye , ce 1 6 juin 1695»

COMPLIUBHT de piété à celle qui avait ETE ÉLITE POUR LUI StCCÉDËtt.

J'apprends avec beaucoup de joie, ma chère mère, que votre élection s'est faite conformément à mes intentions et aux règles de votre institut avec beaucoup d'union et de charité. Je reconnois en cela que c'est l'esprit de Dieu qui vous a élue et qui vous a mise à la place d'une supérieure douce, humble, patiente^ charitable, afin que vous fassiez revivre en vous ces vertus pour la conduite de votre monastère et pour la sanctification des filles qui le composent* C'est à vous à demander à Dieu tous les jours les grâces et les lumières dont vous avez besoin, non pas tant pour gouverner les autres que pour vous gouverner vous-même. Si vous n'êtes plus soumise et plus fidèle aux ordres. de Dieu que toutes vos sœurs, n'attendez pas qu'elles aient pour vous la déférence qu'elles vous doivent. Vous devez les prévenir en

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iKumeur, le» surpasser en vertu , les dev$incer eu régularité et les animer à porter le joug du Seigneur non-seulement par vos instructions , m«is encore par vos exemples* Aimez -les, supportez-lés comme une bonne mère ^ entretenez la paix dans la maison par vois soins et par votre sagesse ; et faites qu'à mon retour je trouve toutes les bénédictions que je souhaite dépuis long-temps à votre monastère. Je suis assuré que toute la communauté se portera à les attirer par le bon ordre qu'elle observera^ et que ce sera avec beaucoup de consolation que je serai témoin du désir que vous avez toutes de vous perfectionner danç votre vocation-, et que je vous assurerai de l'aflection et de la charité paternelle avec laquelle je suis, ma chère mère, votre, etc.

A Paris , ce S^roût 1695.

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