‹ Œuvres complètes de François Arago (volume 2)Chapitre 19 sur 117 · SCINTILLATION DES PLANÈTES · texte numérisé non relu

SCINTILLATION DES PLANÈTES

Supposons qu'on regarde avec une lunette à ouverture

réduite les planètes Jupiter et Saturne qui ne scintillent

évidemment pas ou ne scintillent qu'exceptionnellement ;

ces planètes ne présenteront aucun des effets que nous

avons décrits quand il s'agissait des étoiles. En transformant

la planète en rubans lumineux, comme dans l'expérience

de Nicholson , on ne voit de couleur dans aucun point.

Le déplacement du foyer ne donne jamais naissance à ces

images percées de trous obscurs que nous avons décrites

précédemment en détail. Quand la planète a, comme Mars,

un petit diamètre, on voit quelques traces de ces phé-

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et, sauf la quantité» de ceux qui se réunissent dans tous les points de l'image.

L'agglomération d'étoiles à laquelle nous avons assimilé le disque de la planète n'est exacte qu'à la conditipn de supposer que les rayons de ces différentes étoiles n'ont pas traversé des couches atmosphériques presque condguës.

Les scintillations, déjà si diverses dans le cas de la contiguïté, doivent être plus dissemblables encore dans le cas que nous considérons; de leur ensemble doivent résulter du blanc et une intensité à peu près constante.

Encore un mot pour rendre, s'il est possible, cette explication plus claire.

L'expérience de Nicholson nous a montré qu'à chaque instant l'intensité de la couleur d'une étoile est , à cause ie la durée de la sensation dans l'œil , la résultante de l'intensité et de la coloration que l'étoile a reçues par l'effet des interférences pendant un dixième de seconde. Si l'on parvenait à réunir les images de deux étoiles Dccupant dans le ciel des positions différentes, la résultante varierait moins que sur chaque étoile prise isolément; il en serait de même à chaque addition d'une nouvelle étoile. Enfin , lorsque le nombre de ces étoiles dont l'agglomération se composerait dépasserait une certaine limite, l'image paraîtrait blanche et d'un éclat uniforme.

Or, qu'est-ce qu'une planète vue à l'œil nu, si ce n'est

une pareille agglomération d'étoiles? Il semble seulement

que sur les bords du disque, vu avec une lunette, chaque

point devrait offrir des traces manifestes d'interférence ; vu. — IV. à

or c'est ce qui a lieu en effet. Les ondulations que présentent les planètes sur leur contour, et qu'on a l'habitude d'attribuer exclusivement à des inégalités de réfraction, dépendent , en partie , des interférences de la lumière.

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