‹ Œuvres complètes de François Arago (volume 3)Chapitre 130 sur 161 · SUR LA CONSTRUCTION DE LA MADELEINE · texte numérisé non relu

SUR LA CONSTRUCTION DE LA MADELEINE

servi? Nullement, le comble a été construit av£C du fer de Chàtillon, avec du fer qui, à l'époque de l'adjudication, au lieu de 56 fr,, valeur du fer de Berry, ne coûtait, je crois, que 36 fr. C'était une différence de 20 fr. par chaque 100 kilogrammes.

11 importe maintenant d'examiner comment la liquidation s'est faite, de quel prix on est parti, puisqu'au lieu d'employer du fer de roche ou du fer de Berry, l'entrepreneur s'est servi de fer d'une qualité très-inférieure. Ne vous semble-t-il pas naturel qu'on l'ait payé sur le prix de cette dernière espèce de fer?

Eh bien. Messieurs, je crois être exactement infonné, quand j'affirme que le comble a été soldé sur le prix de l'adjudication primitive, et lorsque cette adjudication, je le répète, avait porté sur une matière d'un prix trèsélevé, sur du fer de Berry ou de roche, et non sur du fer de Chàtillon.

La question que je viens de soulever m'avait été indiquée par M. le minisire lui-mômc. Le comble de la Madeleine a été cité par lui au nombre des objets qui ont amené un surcroît considérable de dépenses. Suivant moi, et d'après des circonstances que vous connaissez maintenant, il aurait dû être la cause d'une diminution sensible. Je demande ce que deviendront les prescriptions de la loi, si, à côté d'un cahier des charges trèsexplicite, vous laissez à Tadministration le droit de les annuler.

AU PRÉFET DES PYRÉNÉES ORIENTALES, RELATIVE A L'AMÉLIO- RATION DO PORT -TENDRES '

Monsieur le Préfet,

Nos dissidences d'opinion sur la politique ne doivent pas, je crois, m'empêcher de m'adresser à vous, quand vous seul pouvez provoquer une détermination de laquelle dépend Tavenir du Port- Vendres. Voici, sans autre préambule, les réflexions que je dois vous soumettre.

Quand le travail de M. Rabourdin sur le Port-Vendres arriva à Paris, M. Legrand voulut bien me mettre en communication directe avec M. l'inspecteur général des ponts et chaussées qui devait l'examiner. Le temps pressait; il fallut donc, sur plusieurs points importants, prendre des déterminations que nous eussions désiré mûrir de concert avec les autorités et les personnes notables du département. Je demandai, par exemple, que tout ce qui exigerait le concours nécessairement peu rapide du génie militaire, que la question de l'emplacement du Lazaret, par exemple, fût ajournée. Nous parvînmes ainsi à faire comprendre le Port-Vendres dans la loi des ports, à assurer la construction du nouveau bassin, à obtenir 1,600,000 fr. M. Legrand, je le répète, se prêta

i. Voir t V des Œuvres^ t II des Notices scientifiques^ p. 619 et 628.

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