LIVRE XXVII. — JUPITER
comprises entre les bandes obscures sont les zones où ratmosphère de cette planète est le plus remplie de nuages. Les bandes obscures correspondent aux régions dans lesquelles Tatmosphère, complètement sereine, permet aux rayons solaires d'arriver jusqu'aux portions solides de la planète, où, suivant moi, la réflexion est moins forte que sur les nuages. »
Qu'on lise un Mémoire d'Herschel de 1781, et l'on trouvera que ce grand astronome, adoptant une opinion de Cassini, ou plutôt de Fontenelle, croyait à l'existence, dans les régions équatoriales de Jupiter, de vents analogues à nos alizés. Le principal effet de ces vents réguliers serait, suivant lui, de réunir les vapeurs de l'atmosphère équatoriale en bandes parallèles.
Pour que ces assimilations des phénomènes de Jupiter à ceux qu'on observe dans nos régions équinoxiales sortissent du domaine des simples conjectures, il faudrait avoir des appréciations exactes des intensités des bandes comparées à celles des autres parties du disque; il faudrait aussi examiner par des mesures précises et non à l'aide de simples aperçus, ce qu'il y a de vrai dans cette assertion de Huygens que la distance des bandes n'est pas toujours la même, et dans cette assertion presque identique que j'extrais des Onllines of Asironamy de sir John Herschel : iLes bandes changent de couleur et de situation. 9
Voici comment j'imagine qu'on pourrait résoudre la première de ces deux questions :
Supposons que la lumière de Jupiter soit polarisée, H, pour fixer les idées, j'admettrai que ce soit dans un
.plan vertical. Admettons subsidiairement que la section principale du prisme de la lunette de Rochon avec laquelle on veut étudier la planète, soit aussi verticale; dans cette position on ne verra qu'une image de Jupiter; la seconde, celle qu'on appelle Tirnage extraordinaire, prendra naissance dès le moment que la section principale du prisme cessera d'être verticale. L'intensité de cette seconde image, formée toujours avec de la lumière empruntée à la première, ira en augmentant régulièrement par des degrés connus à mesure que le prisme s'éloignera de la position primitive. Ainsi, au point de départ, l'image ordinaire étant, pour lixer les idées, représentée par 20, l'image extraordinaire est nuUe ou zéro. Ensuite l'image ordinaire devient 19 et l'image extraordinaire 1 ; à ces nombres succèdent, pour les deux images, les intensités respectives 18 et 2 , 17 et â, 16 et &, et ainsi de suite. Supposons que l'image extraordinaire de la bande brillante se soit trouvée égale à l'image ordinaire de la bande obscure, lorsque la lumière s'est tellement répartie entre les deux images, qu'il reste 16 dans l'une et k dans l'autre. Les intensités primitives des lumières comparées seront entre elles dans le rapport de 16/20 à &/20, ou, en nombres entiers, dans celui de 16 à &.
Considérons maintenant une des bandes obscures permanentes entre lesquelles règne la bande brillante équatoriale; il sera facile de déterminer à quel moment l'image extraordinaire de cette bande centrale a précisément la même intensité que l'image ordinaire restante de la bande obscure, et dès lors, de calculer l'intensité