‹ Œuvres complètes de François Arago (volume 4)Chapitre 312 sur 582 · ANCIENNES OBSERVATIONS D'URANUS · texte numérisé non relu

ANCIENNES OBSERVATIONS D'URANUS

Dans la supposition d'une orbite circulaire, même légèrement elliptique , décrite par Uranus, le nouvel astre, abstraction faite de la lumière du jour ou de celle que répand le crépuscule, devait avoir été également visible à toutes les époques. Gomment se faisait-il donc qu'avant Herschel on ne l'eût jamais aperçu? Par quelle fatalité

i. Le père Hell fit frapper des médailles de platine en commémoration de la découverte d^Herschel. Je rappellerai ici que les signes suivants étaient employés à la fois par les anciens chimistes pour quelques-uns des principaux métaux, et parles astronomes pour les grands corps du système planétaire :

l'or

rftrgsoi Is nwrcQiB

lecoiTre

le fer

lésine

le plomb

CJ

la Soleil

U Loue Mercure

Vénal

Man

Jupiter

Saturne

les astronomes, si attentifs à déterminer les étoiles zodiacales, avaient -ils négligé d*en observer une toajoors classée dans cette catégorie, et qui, par son éclat, appartenait à la sixième grandeur, c*est-à-dire aux dernières étoiles qu'on voie à Tceil nu?

Ces difficultés ne renversaient certainement pas, quant aux observations de 1781, les résultats des calculs directs et parfaitement démonstratifs de Laplace et de Lexell; mais elles pouvaient conduire à supposer que le nouvd astre se mouvait dans un cercle depuis peu d'années; que c'était une comète dont les perturbations avaient modifié r orbite ; une comète qui, après avoir parcouru pendant des siècles des courbes très-allongées, se trouvait ramenée, par l'action troublante des planètes, à décrire une ellipse sans excentricité appréciable.

Une remarque de Bode coupa court à ces doutes, à ces conjectures. En parcourant attentivement les catalogues d'étoiles zodiacales, ce savant reconnut que Mayer observait, en 1756, dans la constellation des Poissons, une étoile de sixième grandeur dont on ne retrouvait aucun vestige en 1781, ni à la place où le célèbre astronome de Gœttingue l'avait vue, ni dans le voisinage: D'après l'orbite circulaire d'un rayon dix-neuf fois plus grand que la distance moyenne de la Terre au Soleil, cette place était à peu près celle que le nouvel astre devait occuper au moment de l'observation de Mayer.

Bode constata ensuite, de la même manière, que Flan.steed inscrivait l'astre en question parmi les étoiles zodiacales de V Histoire céleste^ le 13 décembre (vieux style) de l'année 1690.

Page 1