LIVRE XXX. — URANUS
Enfin il renouvelle, quant au sens du mouvement les deux satellites, son assertion de 1797; il proclame lans équivoque le résultat suivant, remarquable sur* out comme une anomalie unique dans Tensemble des nouvements de notre système solaire, si Ton excepte es comètes : < Les deux satellites d*Uranus circulent tuteur de la planète en rétrogradant ; » ou bien , car ''est la même chose, les termes seuls diffèrent, c ces ' latellites décrivent les arcs septentrionaux compris entre es nœuds ascendants et les nœuds descendants de eurs orbites, par des mouvements dirigés de Test à 'ouest »
Suivant Herschel, des deux satellites incontestés, le )reTnier (le plus rapproché de la planète) serait en général plus lumineux que Tautre.
En observant assidûment ces deux satellites, le grand !istronome de Slough a cru trouver aussi que leurs intensités comparatives varient beaucoup, que même le second satellite surpasse quelquefois le premier.
Ces variations, Tauteur les expliquerait, soit à Taide d'un mouvement de rotation des satellites , d'où résulterait que durant chaque révolution autour de la planète, ces petits astres nous présenteraient tour à tour les diverses parties, sans doute inégalement lumineuses, de leurs surfaces; soit, si les changements d'intensité n'étaient pas réguliers, par des atmosphères qui couvriraient ou laisseraient successivement à nu des portions plos ou moins étendues des corps obscurs intérieurs, ainsi qu'on l'observe dans le Soleil , dans Jupiter et dans Saturne.
De Fensemble des observations consignées dans te Mémoire de 1797 découlait cette conséquence qoe les satellites d'Uranus ne sont jamais visibles quand leur distance angulaire à la planète est au-dessous de certaii^ nombres. Pour le premier satellite , cette distance limite est de H'\ et pour le second de 17''.
De pareilles disparitions ne sauraient être attribuées à Tinfluence d'une atmosphère d'Uranus, puisque le phénomène a également lieu soit que le satellite se trouve sur la portion antérieure ou sur la portion postérieure de son orbite. On n'aurait pas plus de raison d'en chercher la cause dans des mouvements de rotation , mouvements d'où résulterait qu'à partir de certaines distances à la planète, les satellites nous présenteraient des faces comparativement obscures. Les autres circonstances étant égales, les très-petites étoiles s'effacent, en effet, aoi mêmes distances que les satellites. II ne faut donc voir en tout cela qu'une confirmation de cette maxime d'optique : une grande lumière empêche de voir les lumières très-faibles placées dans son voisinage ; seulement , il y a ici cette singularité qu'Uranus joue le rôle d'une grande lumière.
On pourrait se demander : l'auréole lumineuse dont Uranus était entouré et qui effaçait les satellites et les très -petites étoiles, existait -elle au foyer comme eiïet des aberrations des miroirs des télescopes, ou naissait-elle dans l'œil à raison du dépoli de la cornée? Pour résoudre la question, il eût suffi de rechercher si en couvrant Uranus avec un mince fil placé au foyer, on aurait fait renaître le satellite à des distances où il s'était d'abord effacé quand