LIVRE XXXII. — SAISONS ET CLIMATS
legrés de Teau ont été employés à désagréger les molécules de la glace , à se combiner avec elles sans les ichauffer.
L'eau à zéro et la glace à zéro difiièrent donc dans leur composition intime. Le liquide renferme de plus que le K)lide 79 degrés de chaleur, mais d'une chaleur combilée, non sensible au thermomètre, d'une chaleur que, )our cette raison , on a appelée latente.
La comparaison de l'eau bouillante à la vapeur qui s'en dégage, et dont la température est aussi de 100* (^ntigrades, conduira à des résultats analogues, mais plus Trappants encore.
La vapeur d'eau se condense, redevient de l'eau liquide, lorsqu'elle traverse de l'eau dont la température est au-dessous de lOO"* centigrades. Ceci posé, prenons 5^'. 55 d'eau à 0*; faisons- les traverser par de la vapeur à 100^. Arrêtons l'expérience lorsque l'eau primitive et Teau condensée formeront un poids total de 6^^* .35 ; le thermomètre montrera que ces 6^^-. 35 sont à lOO'.
De ces 6^^-. 85, il y avait 4 kilogramme qui primitivement était déjà à 100*, mais à l'état de vapeur. Les 5^'^ .35 restants marquaient originairement 0*; leur température n'a pu s'élever, n'a pu devenir 100* qu'aux dépens de la chaleur que la vapeur a abandonnée en passant de l'état aérien à l'état liquide. Dans la composition d'un kilogramme de vapeur à 100*, il entre donc une quantité de chaleur cachée, de chaleur latente, capable de porter de 0* à 100* un poids 5.35 fois plus grand d'eau liquide; en d'autres termes, la chaleur latente d'un kilogramme de vapeur élèverait un poids
équivalent d'eau de 0* à 535"*, si l'on empêchait cette eat de s'évaporer pendant son échauffement.
Ce résultat numérique doit paraître énorme ; mm il ne saurait être contesté. La vapeur n'existe qu'aux conditions que nous venons d'exposer. Toutes les fois que de l'eau se transforme en vapeur, elle emprunte aui corps environnants une quantité de chaleur capable de U porter de la température de 0* à 535'. Si elle est à 10, à 20, à 30"*, etc. , elle absorbe, en se vaporisant, 525, 515, 505, etc., degrés.
La vapeur restitue ces centaines de degrés de chalair latente aux surfaces sur lesquelles sa liquéfaction s'opère. Voilà, pour le dire en passant, le secret du chauffage à la vapeur. On comprend bien mal ce procédé industriel lorsqu'on s'imagine que le gaz aqueux va seulem^t porter au loin , dans des tuyaux où il circule, la chaleur thermométrique ; ses principaux effets sont dus à la chaleur de composition, à la chaleur cachée, à la chaleur latente qui se dégage au moment où le contact de surfaces comparativement froides ramène la vapeur de l'état gazeux à l'état liquide.
Pour mettre en complète évidence l'action réfrigérante de la vaporisation, je citerai une expérience curieuse de M. Bussy dans laquelle cette action est portée à l'extrême.
Qu'on entoure de coton la boule d'un thermomètre à alcool ; qu'on la plonge ensuite dans de l'acide sulfureux liquide. Gela fait, si on laisse le liquide s'évaporer spontanément à l'air, il se produit sur-le-champ un froid de — 5T centigrades. Dans le vide de la machine