LIVRE XXXII. — SAISONS ET CLIMATS
Lies atmosphères des différentes régions du globe se êlent entre elles par l'action des vents forts ou des counts de moindre vitesse. L'Océan, à cause de sa grande endue, doit donc jouer un rôle immense sur le caracre des climats continentaux dans toutes les régions que m atmosphère particulière va visiter. L'étude des chanements de température de l'atmosphère océanique et slle des directions du vent, peut donc seule conduire à ne juste appréciation de certains climats.
Si Ton fait passer un parallèle à l'équateur par les îles lalouines, par exemple, à peine rencontrera-t-îl dans on parcours quelque portion de terre de l'Amérique ; out le reste de cette ligne se développera sur l'Océan. Le parallèle en question sera donc, dans toute son étenlue, le siège d'une évapora tion considérable qui s'opérera à l'aide d'une forte quantité de chaleur enlevée aux eaux de la mer; il est vrai que la chaleur latente renfermée dans cette vapeur et dans les nuages qui en sont la conséquence, sera abandonnée au moment de la transformation des nuages en pluie. Mais il faut remarquer que celte transformation ne s'effectuera pas exactement dans la verticale du lieu océanique d'où la vapeur s'est élevée, que les vents peuvent transporter les nuages, et même V atmosphère non nuageuse dans laquelle définitivement ils se forment, fort loin de leur situation originelle, et que la restitution de chaleur que les vapeurs abandonnent à» l'atmosphère ou aux eaux de l'Océan au moment de leur transformation en pluie, s'effectuera au profit d'une région très-différente de celle où l'évaporation avait commencé. De là la conséquence aue la mer, dans le parallèle des îles A.— IV. 37
Malouines, sera plus froide que sa pomtion géographique n'aurait porté à le supposer. La température moyenne de ces lies et celle du continent américain» modifiées par la température moyenne anonnale des mers envirooDantes, devront donc être. plus faibles que la température (k^ points semblablement situés au nord de Téquateur, maL^ dans le voisinage desquels, à cause de l'étendue restreinte des mers, il ne s'est opéré qu'une évaporation beaucoup moins considérable.
Cilons une seconde cause qui contribue aussi à rendre la mer, dans le voisinage dés Malouines, plus froide qu'elle ne l'est dans nos climats. Là où la mer est plus étendue, il doit se former en hiver une plus grande quantité de glace; lorsque, dans la saison chaude, cette glace se fondra , elle empruntera la chaleur nécessaire à son changement d'étal aux couches liquides sur lesquelles elle flotte. Il est vrai qu'antérieurement, au moment de sa congélation, les couches de l'Océan en se gelant, c'està-dire en devenant solides, avaient dû abandonner toute la chaleur latente qui constitue la différence entre l'eau liquide et la glace (chap. ix, p. 550) ; mai» celte déperdition de chaleur s'était faite en partie au profit de l'atmosphère environnante, et les vents avaient disséminé la chaleur rendue libre dans toutes les régions du glol)e. Il est évident que cette cause de la basse température de la mer dans le parallèle des Malouines ne s'exefce pas au même degré sur les parallèles aquatiques moins étendus qui, dans l'hémisphère nord, sont compris entre rAmérique (:t l'Ancien continent.