‹ Œuvres complètes de François Arago (volume 4)Chapitre 386 sur 582 · LIVRE XXXII, — SAISONS ET CLIMATS · texte numérisé non relu

LIVRE XXXII, — SAISONS ET CLIMATS

d'Espagne qui jettent les habitants dans un grand état de langueur par la chaleur énervante qu'ils apportent avec eux. Le Nouveau Monde n'échappe pas non plus à l'influence brûlante de quelques vents chauds et secs; tels sont ceux qui soufflent de terre sur les côtes de la Nouvelle-Hollande, et ceux qui parfois se font sentir dans les llanos de l'Orénoque. "

Les nombres suivants donnent une idée des vitesses des diverses sortes de vents :

Vite5M par MvoDde.

Vitesse par heure.

Caractère da vent.

à peine sensible.

sensible.

modéré.

assez fort

fort.

très-fort

tempête.

grande tempête.

ouragan.

ouragan qui déracine les arbres et renverse les édifices.

Les vents qui se transportent avec ces vitesses plus ou nDoins grandes, doivent introduire des variations plus ou moins rapides dans les températures de chaque lieu ; ce sont donc de grands modificateurs de climats. Toutefois, ils ne peuvent agir sur la surface des continents comme sur la surface des mers où ils ne rencontrent aucun obstacle à leur passage ; mais en terre ferme, des plateaux élevés, des chaînes de montagnes les arrêtent ou changent leurs directions.

* L'Asie est traversée de Touest à Test par des chaînes

de montagnes très -élevées qui doivent souvent metlre obstacle à la propagation des vents méridionaux.

Au sud de TAsie aucune terre continentale n'est située dans la zone torride. On n'y trouve, sous Téqualeur, que de très-petites parties des lies de Sumatra, de Bornéo, de Celèbes, de Gilolo.

Au sud de l'Europe, au contraire, les régions de Téquaieur et de la zone torride sont occupées par la partie la plus large du continent de l'Afrique.

Si les atmosphères des diverses régions de la Terre se mêlent, dans le haut ou dans le bas, par un mouvement dirigé du sud au nord, l'Europe recevra de l'Afrique de? courants bienfaisants; l'Asie n'en jouira pas au même degré puisque les courants méridionaux ne pourraient lui arriver que de la mer.

M. de Humboldt a trouvé que, dans l'Amérique méridionale, l'étendue de la région montueuse est à celle des plaines comme 1 est à ft. Chacun peut concevoir, d'après ces chiffres, combien une modification sensible dans l'état physique des montagnes et conséquemment dans l'atmosphère qui les entoure, exercera d'influence sur la climatologie d'un pays tout entier.

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