‹ Œuvres complètes de François Arago (volume 4)Chapitre 464 sur 582 · LIVRE XXXIII. — LE CALENDRIER · texte numérisé non relu

LIVRE XXXIII. — LE CALENDRIER

lîmanche, ce ne sera que le dimanche suivant 25 avril, t Pâques pourra être célébré. La fête de Pâques a été îbrée le 22 mars, en 1598, 1693, 1761, 1818, et le a en 2285. Elle a été célébrée le 25 avril, en 1666, iZi, et elle reviendra à cette mênoe date en 1886, i3, 2038, 2190, etc.

Du 22 mars au 25 avril, ces deux termes compris, il i 35 jours. Pâques peut donc occuper trente-cinq places rérentes.

Les fêtes mobiles, telles que TAscension, la Pentecôte, Trinité, la Fête-Dieu, etc., celles dont les positions iHs Tannée sont toujours séparées par un nombre déleriné de jours de la fête de Pâques, peuvent varier dans § mêmes limites de 35 jours.

Lorsque, pour la première fois, on adopta la règle après laquelle on fixe le jour de Pâques, on avait, sur

mouvement de la Lune et du Soleil, des idées que les 3servations n'ont pas confirmées ; néanmoins, on détertine la Lune pascale d'après ces idées préconçues, en se îrvant de périodes que nous indiquerons plus tard, îglées sur le nombre d'or, les épactes, etc.

Cette Lune pascale, cette Lune conventionnelle, peut rriver à son plein un jour ou deux avant ou après la «une vraie ou la Lune moyenne astronomique. De là, de réquentes réclamations du public. Il ne sait pas généraement que Pâques se règle sur une Lune fictive, imaginaire, et non sur la Lune réelle ; il accuse d'ignorance, ou out au moins d'inattention, les astronomes qui, d'après e témoignage de ses yeux, l'induisent maladroitement à ::élébrer Pâques un mois trop tard. Cependant les astro-

nomes ne sont pour rien dans ces erreurs ou plutôt daos ces irrégularités.

Ainsi, en 1798, Pâques aurait dû être célébré, d'aprr^ la marche réelle de la Lune, le dimanche 1" avril: \ ne le fut que le dimanche d*aprës. Citons un secoii exemple : en se réglant sur la Lune visible en 1818, * fête de Pâques aurait dû être célébrée le 29 mars; elle > fut le 22, en prenant pour régulateur la Lune fictive.

On se demande souvent s'il n'eût pas été plus naturt! de prendre pour guide la Lune vraie au lieu de la hiit moyenne.

Examinons cette question. Le temps théorique où h Lune vraie est nouvelle dépend des Tables astronomique*^ employées qui vont sans cesse en se perfectionnant ; 1résultat annoncé sur certaines Tables eût été démenti par des Tables nouvelles; l'époque de la célébration à Pâques n'aurait pas ainsi été déterminée à l'avance avec certitude. Cet inconvénient légitime complètement le choix qu'on a fait d'une Lune moyenne appelée Lun^ ecclésiastique, pour régler la fête de Pâques.

A ces raisons péremptoires, nous en ajouterons une autre qui n'a pas à nos yeux la même valeur. Suivant Clavius, il n'eût pas été permis de fixer la célébration d» la fête de Pâques d'après la Lune réelle, car, dit-il, cettf fête aurait eu lieu en même temps que la Pâque des Juifs, ce qui eût été indécent.

Les complications sans nombre qu'on remarque dan? le calendrier ecclésiastique tiennent à ce qu'on n'a pas voulu s'en rapporter exclusivement à Tannée solaire. Cependant (Clavius lui-même le reconnaît) l'Église aurait

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