‹ Œuvres complètes de François Arago (volume 4)Chapitre 481 sur 582 · LIVRE XXXUI. — LE CALENDRIER · texte numérisé non relu

LIVRE XXXUI. — LE CALENDRIER

emploient à revenir aux mêmes positions relatives. Telle était déjà aussi , dans le siècle de Platon (voir le Tirnée), la signification de ces deux mots : grande année.

Bérose, comme cela résulte d'un passage dont Sénèque a donné la traduction, ajoutait une condition à celle que renferme la définition précédente. Pour Tastronome chaldéen, la grande année commençait lorsque les disques des sept planètes se trouvaient situés sur une seule ligne droite; elle finissait au moment oit cette même disposition en enfilade se reproduisant, la ligne droite joignant toutes les planètes aboutissait de plus à l'étoile qui, à l'origine, était aussi sur ce prolongement.

A une époque où tant de philosophes se persuadaient que les destinées des hommes et même celles de la Terre, considérée en masse, étaient réglées par le cours des astres, il n'y avait rien d'outré à supposer que chaque grande année ramènerait la même suite , le même ordre de phénomènes moraux et physiques; le même cours d'événements politiques ou militaires ; la même succession de personnages célèbres par leurs vertus, par leurs vices ou par leurs crimes. Dans ce système, l'histoire d'une seule grande année aurait été celle des suivantes.

Censorin, citant un écrit d'Aristote actuellement perdu, dit que l'hiver de la grande année est un cataclysme, un déluge, et l'été une conflagration.

Dans le passage déjà cité, conservé par Sénèque , Bérose le Chaldéen nous assure : « Que la Terre sera réduite en cendres, quand les astres qui suivent des routes diverses correspondront à la première étoile du Cancer, en telle sorte qu'une seule ligne droite puisse traverser tous

leurs centres, et qu'il y aura une inondation universelle lorsque ces mêmes astres correspondront ensemble ao Capricorne. »

L'alternat de cataclysmes et de conflagrations n'était pas admis généralement. Certains philosophes ne croyaier/. qu'à des déluges; d'autres qu'à des incendies. 11 en e\isiait enfin qui, assimilant les âges du monde à ceux d. l'homme, voyaient la nature croître en force et en vigueur pendant la première moitié de la grande année, et marcher ensuite, durant la seconde moitié, vers la décrépitude. Quant à Platon, il s'était rangé à l'opinion que I^ monde, au premier jour du grand cycle, possède le maximum de force, et qu'à partir de là, tout décroît, toat s'affaiblit graduellement. La tradition sur les quatre àg ^ caractérisés par quatre métaux, est la traduction vulgnir. de l'idée de Platon. •

Ces restes des opinions antiques concernant la grand» année ont donné lieu, depuis l'ère chrétienne, à rinsention de diverses théories contre lesquelles l'Église a s*>iivent lancé ses anathèmes , la théorie, par exemple, pr."fessée dans l'Université de Paris : «Que dans le ic\u\^employé par les corps célestes à revenir aux mèm»'points, on voit se reproduire sans cesse la même s^'tî^ d'événements. »

Les anciens tombèrent encore moins d'accord sur .' longueur delà grande année que sur sa signification. Luns portèrent cette longueur jusqu'à 6,570,000 ait-. d'autres la réduisirent à quelques centaines d'anntV-. Cicéron, dans le Songe de Scipion, dit qu'il n'ose pas (!•cider de combien de siècles l'année parfaite se compos .

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