CHAPITRE IV
L^ASTROOMIE POUR CN OBSERVATEUR SITUé SUR JUPITER
Vu de Jupiter, le Soleil doit se présenter sous la forme d'un disque circulaire ayant 5' 46'^ de diamètre.
Quand on veut se faire de la Terre une idée exacte de la grandeur et de l'éclat que l'astre radieux doit présenter à un observateur situé sur Jupiter, il faut découper dans une plaque opaque une ouverture dont le diamètre, examiné à l'œil nu, sous-tende un angle de 5' li&\ et faire en sorte que cette ouverture se projette sur le Soleil , car le diamètre apparent de cet astre diminue avec la distance, tandis que son éclat intrinsèque reste constant.
La quantité de chaleur et de lumière répandue par le Soleil à la surface de Jupiter est à la quantité de chaleur et de lumière qu'une portion de même étendue reçoit
à la distance de la Terre, dans le rapport inverse te^ carrés des distances, ou comme 0.037 : 1 (liv. xïyo, chap. I, p. 326).
J'avertirai de nouveau quMl ne faut pas s'en rapport» seulement à ces nombres lorsqu'on veut juger lescliiD*^ comparatifs de Jupiter et de la Terre. Pour une ég* quantité de chaleur et de lumière les températures d** nitives pourraient être considérablement modifiées suivi les propriétés des enveloppes gazeuses dont les planèW' sont entourées ; suivant les obstacles, plus ou moins coisidérables , que ces enveloppes opposeraient à la déperdition de la chaleur ; etc.
On n'a qu'à se rappeler l'expérience faite par Saussure sur la température définitive que reçoivent les corps au milieu d'une enceinte formée de plusieurs enveloppes de verres diaphanes , pour être convaincu de la néccsjyté de la restriction sur laquelle j'ai insisté de nouveau.
Les étoiles, vues de Jupiter, se lèvent à l'orient et se couchent à l'occident; le temps de leur révolution complète est d'un peu moins de dix heures (liv. xxvii, ch. m. p. 328), en sorte que l'intervalle compris entre le lever et le coucher d'un de ces astres n'atteint jamais cinq heures.
Le Soleil vu de Jupiter paraît avoir dans la sphère étoiléo un mouvement dirigé de l'occident à Forient. En vertu de ce mouvement cet astre emploie à parcourir toutes les constellations zodiacales 4,332^.58 ou II an> et 10 mois llKG.
Mercure, Vénus, la Terre et Mars, sont, pour un observateur situé sur Jupiter, des planètes inférieures. On doit
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îrlaines distimcCvS un peu varinbles, tantôt h roricnt,
ritôt à Toccident. Mars lui-mùnie doit être rarement
- -flÀble à l'œil nu, puisque dans ses plus grandes digres-
- osis il ne s'éloigne du Soleil que de 16°. Saturne est pour
- *»stronome de Jupiter, une planète supérieure olTrant ^Xîs son mouvement annuel tantôt une marche directe,
/. -**ltôtune marche rétrograde, ces deux mouvements dis- - ^ïTiblables étant séparés les uns des autres par des posi- ^^nsdans lesquelles la planète est stationnaire.
L'équateur de Jupiter coïncidant à peu près avec le
•■«n de l'orbite, le Soleil doit se présenter toujours de la
■- ^^^me manière aux dilTérents points de la planète; les
C^-^antités de lumière et de chaleur que ces divers points
^^^oivent du Soleil étant les mêmes dans tous les temps,
• lï'y a pas lieu de distinguer dans les deux hémisphères
■'^^ hiver et un été. On jouit donc sur Jupiter d'un prin-
, ^»nps perpétuel, pourvu qu'on attache à cette expression
•^^nscns véritable (liv. xxxni, chap. xli, p. 721) , qui,
*^n8 ce cas, signifie seulement que l'action éclairante et
. — ^ lorifique du Soleil est toujours la mo^ne dans chaque
^^>înt déterminé de la planète ; ce qui nlmplique pas
'ï'M'elle doit ôlre égale quand on compare entre eux les
t^Oints situés sous des latitudes différentes.
Les satellites, ou plutôt les Lunes de Jupiter, font *^tir révolution dans des temps fort courts comparés au ^mps que la Lune emploie à faire le tour de la Terre, première de ces Lunes, la plus rapprochée de la pla- ^ "^^^te, parcourt les 36" de son orbite en IJ.77. Le géo- *aphe, le marin de Jupiter doit trouver dans la rapidité
de ce mouvement des moyens très-précis de déterminer les longitudes des points où il se transporte. Les éclipses de cette Lune r^ultant de son passage dans l'ombre que Jupiter projette derrière lui à l'opposite du Soleil, les éclipses partielles de Soleil occasionnées par les interpositions incessantes de cette première Lune entre l'astre radieux et la planète, doivent conduire, sur Jupiter, chaque jour à des moyens non moins exacts de perfectionner la géographie et la navigation.
Le père Kircher disait dans son Voyage extatique, que sur Jupiter l'air était salubre, que les eaux étaient trè^claires et les terres aussi brillantes que l'argent. Tout cela est à la rigueur possible, mais les observations ne justifiant pas de telles conséquences, nous avons dû nous abstenir d'en faire mention.
Nous ne parlerons pas non plus des influences heureuses que Jupiter et Vénus, suivant le père Kircher, doivent exercer sur les habitants de la Terre. . De telles conjectures n'appartiennent pas à l'astronomie ; elles sont du ressort de l'astrologie, prétendue science qui depuis longtemps a perdu tout crédit.