‹ Œuvres complètes de François Arago (volume 5)Chapitre 129 sur 153 · ESSAI DU DIAMANT PAR LÀ POLARISATION · texte numérisé non relu

ESSAI DU DIAMANT PAR LÀ POLARISATION

Le Compte rendu de la séance du 16 janvier expose en ces termes les résultats des expériences entreprises :

c L^Âcadémie , sur la proposition de M. Arago , avait chargé une commission d'examiner optiquement si les petits minéraux enchâssés dans du grès quartzeux j que M. Lomonosoff a rapportés du Brésil , sont véritablement des diamants. La commission a rendu compte aujourd'hui de ses expériences.

« Un de ces minéraux s' étant détaché de sa gangue, on a puj^avec la permission de M. Lomonosoff, y faire pratiquer une petite facette polie et étudier ses propriétés à Taide de la réflexion régulière. On s'est assuré ainsi qu'il ne polarise pas entièrement la lumière. (Le diamant, comme le savent les physiciens, est dans le même cas.) L'angle de polarisation maximum du petit minéral s'est trouvé exactement égal à celui qui était donné par un diamant de l'Inde, pris pour terme de comparaison. D'après ce double caractère , il n'est nullement douteux que le minéral détaché ne soit un vrai diamant.

« L'épreuve n'a pas été aussi décisive à l'égard de deux autres cristaux restés dans leur gangue. La petitesse des faces et leur poli très-imparfait ont réduit les observateurs à opérer dans ce cas sur de simples reflets. Cependant la conclusion a été la même. '

« Les observations ont été faites par MM. de Humboldt, Élie de Beaumont , Babinet , Diard et Arago. »

L'Académie a décidé qu'une substance noirâtre , plus dure que le diamant , dont M. Diard a fait l'acquisition à Bornéo , serait soumise aux mêmes épreuves optiques,

Le Compte rendu de la séance du 30 janvier renferme enfin sur ce sujet la Note suivante :

« L'Académie décida dernièrement qu'on soumettrait à des épreuves optiques un minéral noir et très-dur , qui a été acheté à Bornéo par M. Diard. L'expérience n'a pas pu être tentée. Après un travail continu de vingtquatre heures, un des plus habiles lapidaires de Paris n'a pas réussi à émousser une seule des pointes dont la surface du minéral est recouverte. M. Arago rapporte même que la roue du lapidaire a beaucoup souffert pendant ce travail.

« M. Dumas , après avoir examiné l'échantillon ^ pense que ce minéral est un diamant de nature , nom qu'on donne dans le commerce à des diamants qui ne sont susceptibles, ni de se. polir , ni de se cliver, et qu'on réserve pour faire la poudre de diamants* » ]

SUR LA NOTICE DE M. PELTIER, INTITULÉE : DE LA GTAHOlcéTRlC ET DE LA POLARIMÉTRIE ATMOSPHÉRIQUES *

M. Peltier présenta à l'Académie des sciences, le mercredi 80 juillet 1845, un Mémoire imprimé à Bruxelles, intitulé : De la cyanométrie et de la polarimétrie atmosphérique f ou Notice sur les additions et les changements faits au cyano-polariscope de M. Arago pour le rendre cyanopolarimhtre dans V observation de tous les points du ciel

1. Note insérée dans le tome XXI des Comptes rendus de f Académie des sciences^ p. d32«

SUR LA CYANOMÉTRIE. 647

M. Arago exprima sur-lerchamp la surprise qu'il éprouvait en voyant qu'on lui enlevait la satisfaction de faire connaître lui-même la composition de ses instrumente de météorologie optique et la manière d'en tirer parti, M. Peltier a trouvé cette susceptibilité sans fondement : « Un instrument, a-t-il écrit à M. Arago, admis à l'Exposition des produits de l'industrie française, un instrument qui se trouve dans vingt cabinets de physique, • • ne ferait pas encore partie du domaine public, au même titre que l'hygromètre, l'eudiomètre, etc.! Il y a vraiment là une assertion qui m'étonne et qui confond ma judiciaire. »

En revenant aujourd'hui (4 août 1845), bien à contrecœur, sur ce débat, M. Arago a déclaré que, n'ayant pas été une seule fois visiter les salles de l'Exposition en 1814, il ignorait complètement que l'artiste auquel là reproduction de son polarimètre et de son cyanomètre avait été confiée, eût exposé ces deux instruments aux regards du public ; que si la présence d'un appareil aux galeries des Champs-Elysées pouvait enlever à l'inventeur quelquesuns de ses droits ( M. Arago serait au reste bien loin de l'accorder), la publication des parties de la brochure de M. Peltier relatives à la théorie du polarimètre, du cyanomètre, et aux précautions nécessaires dans l'emploi de ces deux instruments ne saurait en tout cas être justifiée à aucun titre.

M. Peltier n'a pu, à cet égard, recueillir d'informations que de la bouche des personnes à qui M. Arago avait parlé de ses anciennes expériences. M. Soleil luimême a dû lui être peu utile, car M. Arago s' étant réservé de donner à cet estimable artiste une instruction écrite

pour l'usage des observateurs, n'avait pas cru devoir entrer avec lui dans des explications verbales détaillées. Aussi, qu'est-il arrivé ? M. Arago a prouvé que la brochure de M, Peltier fourmille d'erreurs de fait et d'erreurs de théorie incroyables. M. Arago s'est trouvé dans la pénible obligation de répudier verbalement, devant ses confrères, des conceptions de M. Peltier qu'on aurait pu lui attribuer. Il répugnerait à M. Arago d'aborder ici les détails, sans une absolue nécessité. Le secrétaire de l'Académie aura quelque chose de bien plus urgent à faire, ce sera de substituer au Mémoire de M. Peltier une description exacte du polarimètre et du cyanomètre ; ce sera aussi d'exposer les vrais principes d'optique sur lesquels ces deux instruments reposent K

[Les registres d'observations de M. Arago renferment plusieurs séries d'expériences entreprises, soit pour déterminer le point neutre que présente l'atmosphère par rapport à la position du Soleil aux différentes heures de la journée, soit pour mesurer à l'aide du polarimètre l'intensité de la polarisation dans divers points du ciel.

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