EXPÉRIENCES SDR LA RÉFRACTION DE L'EAU
Observations du 29 janvier 1812.
Le thermomètre à Pair marque 2^3, celui du prisme G». La mire est sous le fil exactement.
A l'air 2^.0, dans le prisme 5o.O. Lamîre a très-sensiblement monté.
A Tair 2°.0 , dans le prisme 4^0. Les mires semblent avoir encore monté..
A Tair l^.S, dans le prisme 3°.0. La mire est entièrement en dessus du fiL
On remet la mire sous le fil , afin de mieux apercevoir sa marche. •
Température de Pair 2o.O, température du prisme i°.b. Dans le passage de la précédente température à celle-ci la mire n'a presque pas monté, mais cependant je crois qu'ici elle a monté un peu ; toujours est-il bien certain qu'elle n'a pas baissé le moins du monde.
On ferme les fenêtres : la température du prisme s'élève jusqu'à 6".o, celle de l'air à 5°.0, et la mire passe entièrement en dessous du fil.
J'ai souvent fait passer la température de l'eau intérieure de 2** à 4° en chauffant avec la main la face extérieure du prisme. Dans toutes ces expériences la mire a baissé (en apparence) , ce qui indique une diminution dans la force réfringente de l'eau ou dans sa densité. Il était cependant nécessaire de s'assurer que l'angle du prisme reste constant, car sans cela les mouvements de l'image pourraient provenir de cette cause. Pour cela j'ai visé pendant la nuit à une image formée par la partie solide du prisme; j'ai tout échauffé avec la main, comme dans les expériences de jour, jusqu'à ce que l'eau, qui d'abord était à 2" au-dessus de zéro fût montée à 10% ce qui çiurait occasionné un mouvement très -sensible dans l'image formée par les rayons qui passent au travers du liquide. Ce changement de température n'a cependant entraîné
aucun mouvement dans l'image à laquelle je visais , en sorte que la couche d'huile de térébenthine, avec laquelle les prismes de verre sont collés au prisme creux, paraît se dilater également et ne pas altérer l'angle du prisme. Cette expérience nous autorisera à attribuer les déplacements de l'image à un changement dans la force réfringente de l'eau. Le prisme dont on s'est servi dans les expériences précédentes et dans celles qui vont suivre, est formé d'un prisme de verre de âO'* environ qu'on a percé de pdrt en part. Les deux ouvertures sont fermées par deux prismes de verre dont les angles sont placés en sens contraire du premier, et qui sont collés avec lui à l'aide d'une légère couche d'huile de térébenthine. On introduit le liquide et un thermomètre dans l'intérieur de l'appareil par un petit canal foré dans la face du prisme intérieur opposée à l'arête de l'angle réfringent. Il résulte de là que le prisme à travers lequel on vise est formé d'un prisme liquide de 30° et de deux prismes de verre placés en sens contraire et qui servent à achromatiser le premier , ce qui donne la facilité de pointer avec une grande exactitude.
Cela posé, il est clair qu'en partant d'une température déterminée, les mouvements de la mire résulteront de deux effets opposés, savoir du changement de déviation qu'entraîne la variation dans la densité de l'eau, et du changement contraire que tend à produire la variation correspondante de densité dans les deux prismes de verre. Dans les basses températures, ou près du maximum de contraction de l'eau , ce dernier effet peut égaler le premier, et c'est peut-être par cette raison que la mire est