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d'abord polarisés, et en cela elle se comporte comme tous les corps doués de la double réfraction ; mais , pour cpie l'analogie soit complète, il faut, de plus, que les mêmes rayons, en traversant un cristal qui d'abord ne présentait qu'une seule image, se partagent en deux faisceaux d'une égale intensité, par cela seul que la section de la lame interposée, qui d'abord était située dans le plan de polarisation, lui sera maintenant inclinée de 45*. L'égalité d'intensité ne peut se retrouver dans le mica , puisque, dans les positions dont il s'agit, les deux images sont vivement colorées , comme je l'ai prouvé ailleurs, et que des lumières dissemblables ne peuvent être comparées sous ce point de vue.
Du reste, cette expérience présentait plutôt une modification qu'une exception aux lois de la double réfraction. J'avais remarqué, en outre, que l'image secondaire di minue graduellement d'intensité et finit même par dispa raître complètement lorsque la lame interposée devien de plus en plus mince, comme si elle perdait peu à pei la propriété de dépolariser les rayons. Or, j'ai trouve depuis des lames de mica assez épaisses qui, dans cer taines positions, produisent le phénomène diamétralemen opposé. En les soumettant, en effet, aux mêmes épreuve: qtfè les lames ordinaires , on trouve d'abord qu'elles ont comme elles, deux sections perpendiculaires dans les quelles elles ne dépolarisent pas les rayons, et deu: autres sections formant, avec les précédentes, des angle; de 45% et dans lesquelles les rayons semblent repolarisé en sens contraire. C'est ainsi , par exemple, que si lî position du cristal dont on se sert était telle qu'on ne vî
d'abord que l'image ordinaire, on n'apercevrait au contraire que l'image extraordinaire lorsque la section principale de la lame interposée serait inclinée de il5° par rapport à celle du cristal. On pourrait se croire autorisé à admettre, d'après cette expérience,^ que les lames dont il s'agit ici ont un genre de double réfraction différent de celui dont on a étudié les lois avec tant de détails dans le spath calcaire ; mais, sans s'arrêter à une supposition aussi extraordinaire, il suffira, pour expliquer la disparition de l'image principale et tous les phénomènes analogues, d'imaginer que les intervalles des diverses lames superposées dans la plaque de mica, sont tels que les seuls rayons violets, par exemple, puissent passer et que tous les autres se trouvent, suivant l'expression de Newton, daDs des accès de facile réflexion ; les rayons qui forment l'autre image traversant ces mêmes intervalles suivant un autre angle à cause de la bifurcation qu'a éprouvée la lumière en pénétrant dans ce cristal pourront, d' ailleurs, évidemment ne pas se trouver dans les mêmes circonstances. On conçoit, en outre, que, si cette manière d'envisager le phénomène est exacte, l'image ne devra pas disparaître sous toutes les inclinaisons de la lame, et je me suis assuré, en effet, que, quoique la section principale du mica reste fixe par rapport au plan de polarisation, il suffit d'incliner la lame aux rayons polarisés, pour que les images ordinaire et extraordinaire disparaissent successivement. Je ne dois pas oublier de dire que, dans les positions particulières de la lame dont il s'agit ici, la disparition de l'un quelconque des faisceaux n'est complète que lorsque l'on vise à un objet peu intense;
410 MÉMOIRE SUR PLUSIElTRS
en me servant de la flamme d'une chandelle, que j'examinais de très-près, j'ai pu m' assurer que l'image qui semble s'évanouir d'une manière absolue est réellement formée de quelques rayons violets très-peu intenses.
On sera peut-être étonné de me voir admettre que le système d'Un petit nombre de lames minces espacées est capable d'arrêter entièrement la lumière qui les aurait traversées avec tant de facilité si elles avaient été en contact ou même séparées les unes des autres par des intervalles sensibles. Les expériences de Newton ont montré, il est vrai, qu'un corps mince peut réfléchir les rayons d'un certain genre et offrir au contraire un passage libre aux niolécules complémentaires ; mais il est assez difficile, d'après son moyen d'observation, de se faire une idée précise de l'intensité de la force réflective de ces diverses lames, parce qu'on ne peut opérer que sur de faibles lumières et qu'à cause de la variation rapide de l'épaisseur de la lame d'air, on obtient des couleurs mélangées à une petite distance du centre et qui sous-tendent de très-petits angles. S'il était possible d'amener deux verres plans à être rapprochés l'un de l'autre dans toute leur étendue d'une quantité comparable à celle qui sépare deux lentilles près de leur point de contact, la lame d'air décomposerait la même teinte dans tous ses points et l'on pourrait alors observer des images qui seraient colorées par la même force qui produit les anneaux ; mais la disposition d'appareil dont je viens de parler est extrêmement difficile à obtenir, car les deux plans ne peuvent être rapprochés au point de donner les couleurs du premier ordre que lorsqu'on emploie une force très-consi-
dérable; cette force courbe les verres et alors on voit des anneaux comme lorsqu'on superposait des objectifs. Indépendamment de Tapplication que je me proposais de faire de cette expérience à Texemple que j'ai rapporté de la dépolarisation de la lumière dans le mica, j'avais d'autant plus à cœur de trouver un moyen de ressayer que quelques physiciens, guidés par des explications inexactes du phénomène des anneaux, avaient avancé que l'image d'une chandelle ne se décomposerait pas comme la lumière diffuse de l'atmosphère. Or, je me rappelais qu'on avait déjà observé que les images qui se foraient entre les fêlures du cristal d'Islande sont vivement colorées. Je me suis procuré un cristal de cette substance très-pur, mais dans lequel on voyait une fêlure bien régulière. Je l'ai fait tailler de manière que la face extérieure était bien inclinée par rapport à la fracture. Chacun des faisceaux en lesquels la lumière se décompose à son entrée dans le cristal , éprouve une seconde double réfraction en traversant la petite lame, en sorte qu'on a, à la sortie, quatre faisceaux bien distincts dans lesquels les rayons de différentes couleurs sont séparés et forment des spectres ; mais ces rayons, à cause même de leur inclinaison mutuelle, traversent l'espace compris entre les deux surfaces qui comprennent la fracture suivant des lignes inégales et doivent , par conséquent , se trouver successivement dans des accès de facile réflexion ; aussi le spectre d'un des faisceaux extraordinaires, par exemple, au lieu d'être, comme les spectres prismatiques ordinaires, formé d'une série de couleurs contiguês, se composera de plusieurs bandes colorées et séparées les unes des
autres par des intervalles obscurs. Ainsi , dans une certaine position , ce spectre est formé d'une image rouge, d'un intervalle obscur, d'une image verte qui elle-même est suivie d'un autre intervalle sans lumière auquel succède une image violette. Si Ton donne un petit mouvement au prisme, l'inclinaison sous laquelle les rayons traversent la lame aura changé : les rayons rouges seront, par exemple, totalement réfléchis, et le spectre sera seulement composé des autres couleurs qui elles-mêmes seront séparées par des intervalles obscurs très-larges. Le mouvement du cristal, continué dans le même sens, fera bientôt réparaître la portion rouge du spectre, tandis que plusieurs des couleurs qui étaient visibles dans la position précédente s'évanouiront. Dans tous ces cas l'image d'une chandelle sera semblable au spectre qu'on aperçoit lorsqu'on ne décompose cette image avec un prisme qu'après l'avoir fait passer préalablement à travers un verre bleu, en sorte que l'absorption produit, dans ce cas , sur les rayons transmis, le même effet que la présence de la lame. Quoi qu'il en soit, il est clair, par cette expérience, qu'un corps très-mince, convenablement disposé, peut réfléchir la totalité des rayons rouges ou de toute autre couleur qui entrent dans un faisceau blanc même très-intense, ce que je m'étais proposé de prouver. Je vais enfin terminer ce Mémoire par le récit de quelque^ expériences qui sont relatives à la double réfraction desj corps très-minces.
J'ai prouvé ailleurs *^ que la lumière partiellement réfléH