‹ Œuvres complètes de François CoppéeChapitre 30 sur 128 · AUBADE PARISIENNE · texte numérisé non relu

AUBADE PARISIENNE

Pour venir t’aimer, ma chère,

Je franchis les blancs ruisseaux, Et j’ai l’âme si légère Que j’ai pitié des oiseaux.

Quel temps fait-il donc? Il gèle, Mais je me crois au printemps.

Entends-tu, mademoiselle?

Tu m’as rendu mes vingt ans.

LE CAHIER ROUGE

Tu m’as rendu ma jeunesse;

Ce cœur que je croyais mort,

Je veux pour toi qu’il renaisse ; Écoute, comme il bat fort!

Quelle heure est-il? Tu déjeunes; Prends ce fruit et mords dedans.

C’est permis, nous sommes jeunes, Et j’en mange sur tes dents.

Parle-moi, dis-moi des choses.

Je n’écoute pas, je vois S’agiter tes lèvres roses Et je respire ta voix.

Je t’aime et je t’aime encore ;

A tes pieds je viens m’asseoir.

Laisse-moi faire; j’adore Le tapis de ton boudoir !

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