‹ Œuvres complètes de François CoppéeChapitre 46 sur 128 · LA PREMIÈRE · texte numérisé non relu

LA PREMIÈRE

Ce n’est pas qu’elle fût bien belle;

Mais nous avions tous deux vingt ans, Et ce jour-là — - je me rappelle —

Était un matin de printemps.

Ce n’est, pas quelle eût l’air bien grave Mais je jure ici que jamais Je n’ai rien osé de plus brave Que de lui dire que j’aimais.

LE CAHIER ROUGE

Ce n’est pas qu’elle eût le cœur tendre; Mais c’était si délicieux De lui parler et de l’entendre Que les pleurs me venaient aux yeux.

Ce n’est pas qu’elle eût l’âme dure;

Mais pourtant elle m’a quitté,

Et, depuis, ma tristesse dure,

Et c’est pour une éternité.

Page 1