‹ Œuvres complètes de François CoppéeChapitre 84 sur 128 · MORT DU GÉNÉRAL WALIIUBERT · texte numérisé non relu

MORT DU GÉNÉRAL WALIIUBERT

Nos petits fantassins, en colonne serrée, S’avançaient lentement, commandés par Sachet;

Et, dans cet ouragan formidable, on marchait :

— Car, pour vaincre, il fallait prendre cette bourgade

Ce fut à Walhubert d’enlever sa brigade,

A Walhubert, à qui l’Empereur a souri !

« En avant ! » commanda le héros.

A ce cri,

D’un effort furieux ses bataillons partirent;

Et par un feu nourri les Russes répondirent;

Et comme Walhubert, joyeux, caracolait,

Poitrine au vent et sabre à la main, un boulet Le jeta sur le sol, la cuisse fracassée.

La colonne d’attaque était trop bien lancée :

Elle ne cessa pas pour si peu de courir.

Mais, comme des soldats venaient le secourir, L’intrépide blessé les écarta d’un signe,

Et dit sévèrement :

« Eh bien ! Et la consigne !

Qu’on me prenne un drapeau russe pour mon linceul Grenadiers, àvosrangs !. . . Je peux mourir tout seul ! .

LE FILS DE L’EMPEREUR

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