‹ Œuvres complètes de François CoppéeChapitre 90 sur 128 · RÉPONSE · texte numérisé non relu

RÉPONSE

Mais je l’ai vu si peu ! disiez-vous l’autre jour. —

Et moi, vous ai-je vue en effet davantage?

En un moment mon cœur s’est donné sans partage. Ne pouvez-vous ainsi m’aimer à votre tour ?

Pour monter d’un coup d’aile au sommet de la tour, Pour emplir de clartés l’horizon noir d’orage Et pour nous enchanter de son puissant mirage,

Quel temps faut-il à l’aigle, à l’éclair, à l’amour?

L’EXILÉE

Je vous ai vue à peine, et vous m’êtes ravie !

Mais à vous mériter je consacre ma vie Et du sombre avenir j’accepte le défi.

Pour s’aimer faut-il donc tellement se connaître, Puisque, pour allumer le feu qui me pénètre, Chère âme, un seul regard de vos yeux a suffi?

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