‹ Œuvres complètes de Gringore; (volume 2)Chapitre 104 sur 207 · Vous avez pour Loy, sa Foy · texte numérisé non relu

Vous avez pour Loy, sa Foy

a. Psalmo. CLX : Corripiet me jitstus in miseriâ et incre^ •pabit me,

b. Prima Corinth., VIII : Unus Dominas Jésus Christtu per quem ornnia et nos per ipsum.

c. Psalm. LXXXI : Eripite pauperem, et egenum de manu persécutons liberate.

Les folles Entreprises. 141

Par dessus tous en vous a sa fiance ; ^ Congnoissance avez d'elle, et puissance Sans distance » l'oster hors de soucy.

Or est ainsi qja'autresfois, Dieu mercy, ' Sans ca, ne si *, voz bons prédécesseurs. ^ En ont esté principaulx possesseurs ^

Or tenez vous de leurs conditions «; Déceptions à Foy ne souffrez faire :

Est donc requis que machinations Par fictions ;&intes devocions Soubz pactions, permettez de deffaire, Et distraire toute chose contraire Pour attraire à la Foy voz subgectz Com faulconnier tient les faulcons soubz getz 4.

Comme le Trescrestien Roy et Justice relièvent Foy, foi estoit abatue par Richesse et Papelardise.

L'Acteur.

Justice donc voulut, par le moyen * Du noble preux, le Roy Trescrestien,

i« ImmédUtement.

2. Sans opposition et sans faute. Nous trouvons plus fréquemment sans quoi ne si.

), De tels droits et de tels devoirs. ■ ■ "

4. Ciez, Cectz, Jetz, entraves qui retiennent le faucon. L'oiseau de proie avoit à la patte une plaque appelée verydUy où se trouvoient inscrits le nom ou les armes du mahrc de la béte^ et, pour retenir cette dernière, on passoit dans ses vervelles un anneau qui tenoit aux jets.

a. Alanus : A probitaîe patrum degenerare nephas.

b. Seneca : Régis est monum porrigere lapsu et sepultus virtutes origere.

14^ Gringore*

Tresillustre, plain de bénignité ^

Relever Foy fondée en Charité;

Et sur ce point mon esperit s'esveilia.

Qui dii depuis plusieurs fois traveilla

A rédiger la vision predicte

Selon son sens cy par escript réduite.

Comme Vacteur de ce présent livre le présente à '\ ^^ Noble et Puissant Seigneur sire Pierre de

Y*^i«.Jv ^ Fédères, Chevalier, Seigneur et

^^ . Baron dudit lieu de Feriires

' i"^ et de Thuriy et Se/-

gneur de DanguK

Quant mon esprit fut lassé de penser A qui devoye ce traicté adresser, Luy fut advis que le devoye bailler A ung tresnoble et prudent chevalier «, Parquoy trouvay lei façons et manières Vers le sire Pierre de Fédères,

I . Ce Pierre de Ferrières étoit fils de Guillaume de Ferrières, baron de Thury et de Dangu, et de Jacqueline du Faîel, vicomtesse de Breteuil ; il épousa Anne Basset, dame d*Ouilly lé Basset, et ne laissa pas d'héritiers. Ces Ferrières étoient une des plus illustres familles de Normandie; on les trouve à la conquête d'Angleterre et à la suite de presque toutes les croisades. Les baronnies de Thury et de Dangu leur étoient venues par le mariage de Jean II.de Ferrières jvcc Jeanne de Préaux , fille de Pierre de Préaux et de iBlanche de Crespin , dame de Thury et de Dangu. Ces détails sont importans pour la biographie de Grîngore.

a. Juvenafis : NoViitas sola est animum que moribus ornât.

Les folles Entreprises. 14^

Puissant baron de Thuri sans argu , En régentant la seigneurie Dangu, Me retirer », luy présentant ce livre.

Se ondemandepourquôy c'est que luyJivre, Respandre puis que mes prédécesseurs De sa maison ont esté serviteurs^, Lesqueiz je vueil ensuivir, se je -puis , • Car son subject et son serviteur suis «, Non suffisant de servir sa noblesse ^ Et toutesfois mon livre à lu j adresse , Luy suppliant de prendre en patieitce Et excuser ma simple négligence J.

Son homme suis qui de tout mon pouvoir Le vueil servir, et faire mon deyoir.

1 . Jt trouyay manière me retirer (d*alier) vers le sire de Fcrrières, etc.

2. Nous auirons tout particulièrement l'attention du lecteur sur cet unzain , qui doit nous fournir la preuve incontestable de la naissance normande de Pierre Gringore.

3. Négligence, par troj) de simplicité. Cette simple négligence, en l'an 1504, signifioit la trop grande rareté de rimes batelées , équivoquées , enchaînées , couronnées , unisonnantes, mariées par équivoques masles ou femelles, simples ou composées, ou mesiées, dldascaliques , planières, disparses, bourdonnées, entrelacées, et de leurs divers mélanges et combinaisons. Disons cependant, pour excuser la simple négFigence de Gringore , qu'à cette époque les vers qui ne sont pas simplement négligés sont inintelligibles.

a. Ovidius : Prolis et ingénue est imitarifacta parenîum.

144 Gringore.

Le surnom de l'Acteur sera trouvé par les premières lettres de ce couplet.

G rans et petitz , le livre en gré prenez, R ongez > ces motz à vostre entendement ; J oyeusement les faultes reprenez; N otez que l'ay compose simplement.

G races en rens à Dieu dévotement', ù j'ay recours en composant tout oeuvre, R ememorant que sans luy nullement E ntendement choses offusques n'euvre ^.

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