Schisme
2. Le texte de Gringore ne laisse aucune équivoque; il 3*agit bieii de Soisy-sous-ÉtiolIes , situé sur la rive droite de la Seine, entre Ris et Corbeil. L'abbé Lebeuf parle bien de l'histoire religieuse de Sois/, mais il ne dit rien an château ni de ses possesseurs , ce qui nous réduit à des coniectures pour expliquer le vers suivant, où il s'agit d'un prélat de Cahors. Le prélat, c'est Tévêque ; or il n'y a pas lieu de croire que ce soit Antoine III de Lusech, dont la famille, et, par suite, les possessions, dévoient être entièrement cahursaines«t méridionales; il cessa d'être évêque en i $ 09 ; il y a la raison d'une date trop avancée contre Charles-Dominique de Carrette (Duchesne l'appelle Corret), qui devint évêque d'Auch en septembre i$i4. Toutes les probabilités, au contraire, sont en faveur de celui qui occupa le siège d'Auch entre les deux, je veux dire Germain de Ganay ; il fiit élu en mai 1509, intronisé en mai i j 1 1 , et devint archevêque de Tours en 1514. Cf. le Gallia Christianaj I, col. 146-7, et l'ouvrage de Guillaume de la Croix, Séries et acta episcoporum Cadurcensium , Cadurci, 16 17, 4<». Puisqu'il ne fut intronisé que deux ans après son élection, il est d'autant plus raisonnable d'admettre, en I $09 et I $ 10, sa présence aux environs de Paris, que sa famille, par les charges de son propre frère Jean de Ganay. premier président au parlement de Paris, et alors chancelier de France , est tout à fait parisienne. C'est donc un nouveau protecteur qu'il faut reconnoître à Gringore, et la date de i no , donnée par les bibliographes i cet opus-
La Chasse du cerf des cerfs, i 59
Où reposoit le prélat de Cahors , Qui d'avec luy chasse mauvais cas hors.
Lors m'ingeray luy présenter ce livre, Que de bon cueur luy transmetz et luy livre, Intitulé le Livre de la chasse . Du serf des serfz; bien a qui le pourchasse.
«n la forest mondaine transsitoire Leserf des serfs prenoit, pouravoirgloire, Félicité, plaisir,- soûlas et joye , Sans rumyner ou avoir à memoyre Que les veneurs faisoient leur consistoire En fort buisson , landes , haulte foussoye > . Les cerfe marins y estoient à montjoye , Qu'on pourchassoit ; ainsi qu'un poursuivant. Le sert des serfs se mettoit au devant.
Le serf des serfs avoit teste mal née ; Mais elle estoit triplement coronnée ^, Et de poil blanc avoit couvert son corps; On le véoit , en faisant sa menée Et ses meutes par mainte après disnée, Dedens son fort, fumeux, plein de discords; Or portoit-il tout justement huit cors ?,
culc, surtout d'après l'imjjression , en est confirmée, en remarquant que la composition et même l'impression du livre peut être aussi bien ae 1509, puisque dès le mois de mai de cette année Germain de Ganay pouvoit être considéré et étoit certainement traité comme évoque de Cahors.
1 . L'emploi de l'épithète haute fait CToire que l'expression a le sens de haute futaie.