‹ Œuvres complètes de Gringore; (volume 2)Chapitre 128 sur 207 · De i29( à · texte numérisé non relu

De i29( à

2. Trop en seigneur temporel, en homme de cour. Le mot rappelle le fameux De nugis carialium, de Jean de SaUsbury.

^ Bertrand deCoth, pape de 150$ à 13 14.

i82 Gringore.

Loys douziesme, par la divine grâce Roy de France, par ses gens fist conquerre^ A force d'armes, en bien petit d'espace, Et chasser hors de Boulogne la grâce ' Veniciens faisans au pape guerre.

Car Hanibal de Bentivolle acquerre Vouloit le lieu sans aultre cause bonne ; Le roy y mist le pape en sa personne.

On congnoist bien que les Vénitiens Villes, citez et chasteaulz retenoient.

D'où sont venus crans inconveniens; Car du pape tenoient en leurs lyens Plusieurs terres qui luy appartenoient ; Injustement le revenu prenoient, Et, ce voyant, le trescrestien roy Y a remis le pape en son arroy.

Pasteur, pasteur, l'accord et la promesse Estoient faitz par princes à l'Eglise ; Se me semble que ce a esté simplesse Rompre la paix ; princes plains de noblesse L'entretiennent sans abus ne faintise; Celuy la rompt, la casse et la debrise.

Qui la devroit garder et observer :

Sage est celuy qui fait guerre eschevcr.

I. Cette orthographe est mise là pour rimer aux yeux; W faut comprendre la grasse. « Au commencement ( le pape Jules II ) se monstra bon François; au moyen dequov le roy Loys douzième luy remeit entre ses mains la cité de Boulongne la grasse, qu*occupoit le seigneur BentivoUe, dont il fut très grandement ingrat. » ( Nicole Gilles, Chroniques de France. )

L'Espoir de paix. i8^

L'Acteur.

tressainte Eglise militante, Considère que le preux roy Loys Te veult pnser et te faire puyssante; C'est la cnose que plus est désirante; Ton cher filz est; avec luy t'esjouys, Car c'est par luy que de ton bien jouys ; Ton gouverneur ne le veult pas entendre :

Souvent est pris celuy qui cuide prendre.

Espoir de paix ont les loyaulx François; Pour ce veullent faire processions; " Incessamment chantent à haulte voix Louenge à Dieu, ainsi que tu congnoys; Le Créateur sçait leurs mtentions, Car leur prince fait protestations Qu'il n'entend point contre l'Eglise aller :

La venté nuUy ne doit celer.

Que diray-je ? Fors que le roy de France Est préesleu par la divine grâce; Ctsiflagellum Dei; car sans doubtance En Jésus prent confort et espérance; Guerre ne veult mettre sus par fallace.

Point n'est permis que la croisée » on face Porter jamais que sur les Infidèles; Despioyée est sur les justes fidèles.

I . Nous dirions maintenant la croisade. On appelle encore croisée le point d'intersection où se rejoignent et se crobent la nef, le chœur et les transsepts d'une église.

184 Gringore.

G ouverner doys l'Eglise catholique R everemment et de ses biens donner, I ncrépant ceulx qui ayment trop pratique ; N e soys aux bons inhumain, fier, inique; G loire acquerras par bien les gouverner ; rdonnances ne vueilles ordonner R igoureuses, se veubt ga^er le pris :

E n bien faisant, on n'est jamais repris.

Finis.

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