‹ Œuvres complètes de Gringore; (volume 2)Chapitre 148 sur 207 · Pour être changés · texte numérisé non relu

Pour être changés

2. On venoit de décrier, le 5 décembre 15 11, quelques anciennes monnoies françoises; les escus y'ulSy les royaux, les francs à pied et à cheval.

246 Gringore.

' Se je amasse des biens, il est ainsi Qu'on te porte mon argent , ma sustance.

Peuple Ytalique.

Tu estraicté humainement icy.

Et moy je suis quasi mort et transsy, Car tant soit peu ne vis en asseurance.

Peuple François.

Il est certain aue mangeus ma pitance En paix, sans oruit. Se on vient en ma maison Pour me faire desplaisir, sans doubtance Incontinent la justice se avance De m'en faire le droit et la raison.

Peuple Ytalique.

J'ay gens d'armes qui sont en garnison En mon hostel ; je n'en suis pas le maistre^ Souvent n'y a ne ryme ne raison ; Il court pour moy si maulvaise saison Que ne me sçay où héberger et mettre.

Peuple François , tu te plains ! Vueilles estre Content de Dieu ; tu as prince et seigneur, Lequel se fait craindre, aoubter, congnoistre;. A ung chascun il se veult apparestre Humain et douk , de vices correcteur.

Peuple François.

Peuple Ytalique, tu es un çrant flateur; Tu as cueur faulx et deceptive voix. [ceur ; Les gens du Roy te ont monstre grant doul- Quant ilz cuydent estre avec toy asseur.

De trahison les sers souventesfois.

Jamais, jamais n'aymeras les François, Bien l'as'monstré depuis ung peu en Bresse * ;

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