‹ Œuvres complètes de Gringore; (volume 2)Chapitre 26 sur 207 · Pour ne pas, pour n'avoir pas donné la solde · texte numérisé non relu

Pour ne pas, pour n'avoir pas donné la solde

). Dans ces vers et quelques-uns de ceux qui Suivent jusqu'à la fin du morceau^ Gringore parott attribuer Vin- Euccès des guerres d'Italie aux malversations des gens de

a. Ecclesiast., X : Avaro nkhilest celestius.

h. 1 ad Thimot., VI : Radix omnium malorum est cupidhas.

c. Vegetins, de Re Militari : Famts smor est hostis quant llûdius.

Or regardez oue de princes royaulx, Capitaines, nobles, preux et loyaulx , Par leurs faulx ars ont esté à mort mis.

Gens Uberaulx ont esté £aitz vassauix, Pays perduz, et tout par leurs deffaulx*.

Trop tart ilz furent despoinctz • et desmis *. A malle heure ilz se sont entremis De manier ne mise ne recepte, Quant par eubc est faicte si §^ant decepte , Qu'il en sera à tout jamais mémoire !

Avarice est ennemye de victoire.

gens ingratz qui, en bien petit > d'ans,

finance. Il est d'accord avec le sentiment public d'alors, à ' qui l'orgueil national ne permettoit pas de voir les véritables causes de cet insuccès. Il faut reconnoitre pourtant que les révoltes des Suisses, le manque de vivres, de munitions, furent pour quelque chose dans les défaites aes François lors des expéditions de 1495 et de i $03, et que les pilleries des payeurs de gendarmes furent une cause importante de ces désordres. Ces reproches amers de notre poète semblent du reste un écho des plaintes formulées par les cahiers du tiers état à l'assemblée des États de 1484, et oui eurent un si grand retentissement lors de la jeunesse de Gringore. Ce quelcun dont il parle ici est sans doute Brissooaet, receveur général des finances sous Charles VIII ; les autres allusions sont trop vagues et s'adressent à des personnages trop inférieurs pour qu'il soit utile et possible d'y appliquer des noms propres.

1 . Mis hors de point, rendus inutiles, chassés de leurservice.

2. Bien petit pour bien peu. Encore usité dans le patois Normand , ainsi que tins, que nous allons rencontrer deux vers plus bas pour tenu.

a. Quandoquidem accepta claudenda est janua damno.

b. Faustus * : NU juvat amisso claudere septa grege.

* Il s'agit probablement de Faustus AndrelinuSy poète latin célèbre du XV* siècle, et , très-probablement aussi, la citation de Gringore est empruntée aux Bucolica. //1-4, Paris,

Les folles Entreprises. 33

Avez acquis le renom de mordans, Grans et petitz avez tins aux abboys ; S'il' vous survient périlleux accidens.

Comme d'estre en chartre residens.

Vous valiez pis que loups estans aux boys ^ : Pour ung denier en avez compté troys , Dont le Prince a esté travaillé *.

Et eust l'en mieuU qu'on n'a fait bataillé Se on eust payé comme entendoit le Prince ; Quin'eust le Doys aboly, retaillé, Soubz son umbre on eust advitaillé :

Maintz loups pervers degastent la province.

Tant de vefves , orphelins et pupilles * Nous avons veu , par leurs euvres subtiles , Et efforcer pucelles par les champs , Rompre chasteaulx , raser murs et oastilles ; Francoys non francs, mais captilz et servilles. Par ûmmt ^ui les reildoit meschans ' ; Adoichiler discretz docteurs preschans:

Les citoyens par empruntz molestez , Piller, rober cens de mestier, marchans, Et rançonner les laboureurs des champs , Gens <f église piteusement traictez.

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