‹ Œuvres complètes de Gringore; (volume 2)Chapitre 37 sur 207 · Sot, niais · texte numérisé non relu

Sot, niais

2. Ces trois vers fort curieux peuvent être le résumé de la politique royale à la fin du xv* siècle et au commencement du m«. Ils nous expliquent les guerres d'Italie , et nous montrent que dès lors les wih et hardis esprits de la jeune bourgeoisie du Parlement et de l'Université comprenoient fort bien que cette continuité de guerres au dehors étoit un rude coup portéà la féodalité.

«. Horatius : Quandoque bonus dormitat Homerus, h. Horatius : Nemo omni est ex parte beatus»

c. Proverb., XI : JustUia liberabit à morte, à, Alanus : In messem alterius falcem dimittere noti.

52 Gringore.

Royaulmes gouvernez par prestres A pdne peuvent fructîtier '.

Puis qu'il fault que je le récite , Que se congnoissent ilz en guerre ' ?

Qui leur a apris l'exercite ?

De ce me suis voulu enquerre ; Mais on dit qu'ilz font pour acquerre Seulement la gloire mondaine Qu'on pert en une heure soudaine , . AÏvis leur est que tousjours dure.

Et noblesse n'est pas certaine De ce que le peuple en endure

De la vertu de Miséricorde.

"KM isericorde, qui est si pitoyable ,

IVl Ne deveroit pas des princes estre loing* ;

Mais aujourd'huy el a l'espée au poing

Souffrant pugnir dl qui n'est point coulpable.

Elle tire, par façon admirable.

D'un arc turcquoys ; et Rigueur s'apareilie

I . Il y a là et dans les vers qui suivent des allusions au cardinal-ministre d'Amboise, qui, sans commander lui-même les troupes, avoit, dans Pannée i $oj surtout, dirigé la plupart des mouvements miliuires. On comprend que Gringore, le serviteur du puissant baron de Ferrières , n'aimât pas le ministre qui dingeoit la politic^ue anti-féodale de la royauté; nous verrons plus tard les raisons oue notre poète pouvoit avoir encore ae garder rancune à celui qui poussoit si fermement à la rtformation de l'Université, de la Justiceet des Ordres reli^eux.

a, Salustius : Quant puisque norit artem in hoc se exerceat.

b. Seneca : Clementia niaximè principes decet et. eonm regnum stabiU reddit.

Les folles Entreprises. 5}

De luy souffler paroles en l'oreille ; Tel vent la fiait inane et variable ; D'autre costé est l'Homme insaciable Oui fauche tout sans pitié ne mercy, Cést ce qui met tpus estatz en soucv.

La bonne Dame courtoise et veneraple Est conduicte par gens cruelz, despitz S Plus dangereux que serpens ne aspicz ', Car ilz ne fbnt chose qui soit louable.

Balade.

Considérez que gens vinçlicatifz Qui ne veullent les faultes pardonner Sontae péché les enfans nutritifz Et ne veult Dieu de leur cas ordonner *.

Tout homme humain se doit abandonner ^""^ N A pardonner si on luy quiert mercy Ou jà son cueur ne sera esclarcy »

Quelque prière que par devers Dieu face; Qui pardonne mérite d'avoir grâce ^ ; Qui ayme amour vit en tous bons accords; Et ses meffaitz par tel mente efface y Car Dieu benist tous les misericords.

Les aucuns sont ingratz et deceptiiz Qui ne veullent aucun pardon donner Et commettent plusieurs maulx excessife Dont ilz ne font souvent cloches sonner.

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