‹ Œuvres complètes de Gringore; (volume 2)Chapitre 59 sur 207 · I . Non plus les bigots ne croient par être sots · texte numérisé non relu

I . Non plus les bigots ne croient par être sots

a. Ecclesiast.f III : Altiora te ne quesieris, et fortiora te ne scrutatus fueris,

b. Proverb. XXV : Qui perscrutator est majestatis opprimetur à gloriâ.

£. Terentius : Ne quid nimis.

Les folles Entreprises. Si

S'ilz font questions théologales C'est enireprins trop follement '^ :

En faisant bancquetz et rigalles Vont bigotant secrètement.

S'ilz cèlent leur entendement , Devant quelque bigot discret Leur engin monstrent en secret.

Depuis que femmes sont clergesse ^ Plus qu'il n'afïiert à leur nature, Ilz sont folles et vanteresses, De trop haulx faitz font ouverture.

Femme ne doit , selon droicture , Croire que ce que croit rEglise,i> VW^ V*,. ^ «u?* Ou el commet folle entreprise, t>,^ .^^^ U.^> -

Se divine inspiration Les inspiroit comme les sainctes Qui ont glorification

Aux cieubc , louant Dieu les mains joinctes, Je diroye ce ne sont pas fainctes ; Mais on voit leur cas tout notoire Qui procède de vaine gloire ^.

Femmes ne doivent trop enquerre Touchant la haulte Deité <*, Mais tant seulement Dieu requerre Qu'ilz vivent en bonne équité.

Femmes ont la propriété

a. Terentius : Quod tua non intertst iesine percontari. h, I Thimot., Il : Mulier in silentio discat cum omni subftctione, docere autem mulieri non permitto. • |

c, Mathei, XXIII : Omnia opéra suafadunt ut videantur «b hominibus.

d, I Corint., XIIII : MuUeres in ecctesiis taceant; nonmm permittitur fis loqui.

Criagore, I. 6

82 Gringore.

Que Je veuil icy révéler ^ C'est parler, pîorer et fiUer.

Sans mesure parlent souvent* Et ne sçavent qu'ilz veullent dire ; Leur pensée est comme le vent Qui choses legières adiré « .

Quant sont plaines de courroux , de ire Sont serpens tappiz en herbaige Dont la morsure fait oultraige^.

Ainsi ceulx qui sont ypocrites Pillent, c'est à dire mal pensent, En parlant; preschent loix escriptes Et en preschant se recompensent ? ;

1. Perd, égare; ici sans doute dissipe en les faisant Yoltiger.

2. Nous retrouverons ces pensées sur les femmes constamment développées dans Pœuvre de Gringore, et tout particulièrement avec une grande verve dans les Contreditz de Sangt creux.

). J'ai cm devoir ponctuer ainsi cette phrase assez obscure, qui signifieroit alors : Ces femmes hypocrites n'ont d'autre travail que de parler ; en quoi elles ont tort. Elles .. bavardent sur la Bible , et leur vanité trouve dans ce bavardage sa propre récompense. Pillent (travaillent) est amené par le vers qui termine Tavant dernière strophe parler, pîorer, fiUer. Nous trouvons ici un exemple de cet amour de la glose et du commentaire , amour qui produit fréquemment les plus étranges comparaisons , et qui caractérise a un haut degré la manière de notre poète. Ces gloses allégoriques ont le défaut d'admettre , surtout dans les éditions gothiques sans ponctuation , des interprétations diverses ; ainsi en plaçant le point et virg|ule après mal pensent nous avons un nouveaa sens qui est possible encore, et un scoliaste seroit peu ingénieux qui ne rencontreroit là une troisième et une quatrième expli- (dations. Voyez d'ailleurs un passage de Coquillart, où le mot filler est pns dans un sens analogue ( Œuvres de CàquUlart , édit. elzevirienne, t. i'\ page i8$).

a. Proverb., X : In multiloquio non deerit peccatwn.

Les folles Entreprises. 8}

En pleurant souvent Dieu offensent,

Leurs larmes ont peu de valleur,

De l'oeil viennent , non pas du cueur ^. i

Parquoy, sans plus en deviser, Ceulx qui causent ce bigotaige^ Se raeslent et folle entreprise; Vanité tiennent en hostaige Et péché les prent en servaige Comme esclaves assubgectitz Par desordonnez appetitz.

Ce que les sainctz Pères ^ peuvent entreprendre y et du gouvernement des Prelatz,

/^eluy c[u V^Pareilh

IpVA W V4fc,-^

j qui a puissance de lier

-'Pareillement povoir de deslier Entreprendre ne doit plus que sainct Pierre, ^^^^ vi Aux serfz de Dieu se doit humilier ^ '^'** *"

Ses ouailles esgarées ralier ; Et se autrement le fait, certes il erre.

D^entreprendre assaulx, bataille, guerre, » •

Se n'est aflfin que nostre foy en prise *,

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