Bertrand de Goth, pape de 130$ à
l82 Gringore.
Loys douziesme, par la divine grâce Roy de France, par ses gens fist conquerre^ A force d'armes, en bien petit d'espace, Et chasser hors de Boulogne la grâce > Veniciens faisans au pape guerre.
Car Hanibal de Bentivolle acquerre Vouloit le lieu sans aultre cause bonne ; Le roy y mîst le pape en sa personne.
On congnoîst bien que les Vénitiens Villes, citez et chasteaulz retenoient, D'où sont venus grans inconveniens; Car du pape lenoient en leurs lyens Plusieurs terres qui luy appartenoient ; Injustement le revenu prenoient, Et, ce voyant, le trescrestien roy Y a remis le pape en son arroy. .
Pasteur, pasteur, l'accord et la promesse Estoient faitz par princes à l'Eglise ; Se me semble que ce a esté ^mplesse Rompre la paix ; princes plains de noblesse L'entretiennent sans abus ne faintise; Celuy la rompt, la casse et la debrise.
Qui la devroit garder et observer :
Sage est celuy qui fait guerre eschever.
I. Cette orthographe est mise là pour rimer aux yeux; il faut comprendre la grasse. « Au commencement ( le pape Jules II ) se monstra bon François ; au- moyen de quoy le roy Loys douzième luy remeit entre ses mains la cite de Boulongne la grasse, qu*occupoit le seigneur Bentivolle, dont il fut très grandement ingrat. » ( Nicole Gilles, Chroniques de France. }
L'Espoir de paix. 18}
L'Acteur.
O tressainte Eglise militante, Considère que le preux roy Loys Te veult pnser et te faire puyssante; C'est la chose que plus est désirante; Ton cher filz est; avec luy t'esjouys, Car c'est par luy que de ton bien jouys ; Ton gouverneur ne le veult pas entendre :
Souvent est pris celuy qui cuide prendre.
Espoir de paix ont les loyaulx François ; Pour ce veullent faire processions; Incessamment chantent à haulte voix Louenge à Dieu, ainsi que tu congnoys; Le Créateur sçait leurs intentions, Car leur prince fait protestations Qu'il n'entend point contre l'Eglise aller :
La vérité nuUy ne doit celer.
Que diray-je ? Fors que le roy de France Est préesleu par la divine grâce; CesXflagellum Dei\ car sans doubtance En Jésus prent confort et espérance; Guerre ne veult mettre sus par fallace.
Point n'est permis que la croisée « on face Porter jamais que sur les Infidèles; Desployée est sur les justes fidèles.
I . Nous dirions maintenant la croisade. On appelle encore croisée le point d'intersection où se rejoignent et se croisent la nef, le chœur et les transsepts d'une église.
Gringore.
G ouverner doys l'Eglise catholique R everemment et de ses biens donner, I ncrépant ceulx qui ayment trop pratique ; N e soys aux bons inhumain, fier, inique; G loire acquerras par bien les gouverner ; O rdonnances ne vueilles ordonner R igoureuses, se veubc gagner le pris :
E n bien faisant, on n'est jamais repris.
Finis.