‹ Œuvres complètes de Gringore (volume 3)Chapitre 147 sur 208 · M'ouit · texte numérisé non relu

M'ouit

2. Les vers suivants sont, en effet, une divagation du populaire affolé par ses maux, divagation où Ton retrouve la trace de ses pensées et souffrances ordinaires. Il y a là aussi, sans doute, quelques allusions et jeux de mots, soit sur les figures gravées sur les monnoics décriées, soit sur les ])ersonnages qui avoient conseillé ce décri, et ^ufon accusoitde vouloir en profiter. Nous n'avons pu arriver à des découvertes assez certaines pour oser les proposer aux lecteurs. On rencontre là encore Quelques souvenirs de l'argot, des plaisanteries et de la phraséologie de convention, usités •ntre les clercs de la Bazoche et les Enfans Sans Soucis,

xquels Gringore se trouvoit mêlé.

Sottie. 2J9

Le merle chanta ^ c'estoit bruyt Que de Pouyr en ce repaire !

Bon oeii avoitpour sauf conduyt. Quant ilz eurent fait leur deduyt Ilz le firent signer au pèrel Le Troisiesme.

Nous entendons bien ce mystère !

Je vous prie, parions d'auitre cas; Le Prince li'y contredis pas.

La Mère Sotte.

Que Vassault aux Princes on donne !

Car je vueil bruit et ^ire acquerre; Et y estre en. propre personne.

Abrégez vous, sans plus enquerre.

Le Seigneur du Pont Auletz.

L'Eglise nous veult faire guerre, Soubz umbre de paix nous surprendre.

Le Séioneur du Plat.

Il est permys de nous deffendre , Le droit le^it, se on nousassault.

La .Mère Sotte.

A l'assault , prelatz , à Passault !

Qcy se fait une bataille de Prelatz et Princes.) Le pREMrER Sot.

L'Eglise voz suppostz tourmente Bien asprement, ievous prometz, Par une fureur venemente.

La Commune.

En effect, point ne m'en contente; J'en ay de divers entremetz.

Gringore.

Le Prince.

A ce qu'elle veuit me submetz.

Vous Êùrc guerre veult prétendre.

Le Prince.

Je ne luy demande que pûz.

Gayecté.

A &ire paix ne veult entendre.

Le Troisiesme.

Prince , vous vous pouvez deffoidre / Justement , canoniquement.

La Commune.

Je ne puis pas cecy comprendre , Que la mère son enfent tendre Traicte ainsi rigoureusement.

Le Prince.

Esse l'Eglise proprement?

La Commune.

Je ne sçay, mais elle radote.

Le Prince.

Pour en parler reallement, D'Eglise porte vestement , Je vueil bien que chascun le notte.

Le Deuxiesme.

Gouverner vous veult à sa poste.

Le Troisiesme.

El ne va point la droicte voye.

Le Premier.

Peult estrc que c'est Mère Sotte

Sottie. 241

Qui d'Eglise a vestu la cotte; Parquoy y feult qu'on y pounroye.

^ Le Prince.

Je vous supplye que je la voye.

Gayecté.

C'est Mère Sotie , par ma foy.

Le Premier.

L'Eglise point ne se fourvoyé Jamais , jamais ne se desvoye , El est vertueuse de soy.

La Commune.

En efFect , à ce que je voy, C'est une maulvaise entreprise.

Le Prince.

Conseillez moy que faire doy ;

Le Deuxiesme.

Mère Sotte , selon la loy, Sera hors de sa chaire mise.

Le Prince.

Je ne vueil point nuyre à l'Eglise.

Le Troisiesme.

Sy ne ferez vous en efïect.

Le Premier.

La Mère Sotte vous desprise ; Plus ne sera en chaire assise Pour le maulvais tour qu'el a fait.

Le Deuxiesme.

On voit que , de force et de fait , Son propre filz quasy regnie.

Cringore. 1. 16

241 Gringore.

Le Troisiesme.

Pugnir ia fault de son forfait ; Car elle fut posée de fait En sa chaire par symonie.

Le Premier Sot.

Trop a fait de mutinerie Entre les Princes et Prelaiz.

La Commune.

Et j'en suis , par saincte Marie , Tant plaine de melencolie, Quen'ay plus escuz ne ducas.

Le Deuxiesme.

Tays toy, Commune , parle bas.

La Commune.

D'où vient cette division ?

Le Troisiesme.

<]ause n'a faire telz debatz *•

Le Premier.

A mal faire prent ses esbatz.

Le Deuxiesme.

Voire, par Sotte Occasion.

Le Troisiesme.

S'elle promet, c'est fixion, N'enfaictes aucune ygnorance.

Le Premier.

Avec elle est Sotte Fiance*

Le Deuxiesme.

Concluons ainsi qu'on devise.

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