‹ Œuvres complètes de Gringore (volume 3)Chapitre 172 sur 208 · Nyverd ajoute · texte numérisé non relu

Nyverd ajoute

Que soustenoit ce maudit séducteur Très meschamment et par folle créance Nient Jésus avoir chair et substance Prins en la vierge,, en quoy il fut menteur.

Le Blazon des Hérétiques, ^o^ Aulcuns aussi dirent le créateur Avoir esté ung ange laudatoire , Denyant Crist filz de Dieu estre en gloire ; Telles gens ont de Appellites le nom > .

Incontinent se esleva Marcion », Grant philosophe, et les Marcionistes, Ses allez, qui, contre loix escriptes, Ont soutenu deux dieux en leur sermon , L'ung seuUement juste estre , et l'autre bon , C'est assavoir que Tung estoit propice , Aungchascun îaisoitju^e justice, Et l'autre doulx, piteulx , misericords , Qui pardonnoit tous debatz [et] discords r Mais il fut dit que touchant cest affaire Correction y estoit nécessaire Pour abolir leur erronicque mal'.

Novatus 4, prestre , à Romme desloyal , Fut convoiteux de soy faire conenoistre Pape de Romme, et, quant ne lepeult estre,

1. Appelle, au lieu d'être un prédécesseur de Marcion, passe pour un de ses disciples. — Nyverd ajoute:

Qui n*avoyent sens ne entendement bon De maintenir que Dieu n'estoit qu'un ange Et Jésus n'estre au ciel plein de louange; En eulx estoit trop grande abusion.

2. TertulUen a écrit un livre exprès contre lui. Voy. Baylc, article Marcion.

). Nyverd ajoute :

Plus dangereux que peste ou réagal , Car il n'y a qu'un Dieu tant seuUement Qui dessus tout règne éternellement, Comme la foy nous montre en gênerai.

4. Gringore auroit du dire Novatianus , d'abord philosophe païen , qui , après la mort du. pape Fabien , arrivée en 2(0, se fit sacrer évèque de Rome par trois évè^ues, et lutta contre Corneille, qui fiit régulièrement élu en juin 2(1 • Ce fut le premier des antipapes.

J04 Gringore.

Son hérésie il voulut reveiller En soustenant que on devoit mesler Choses qui sont divines et certaines Cou vertement avecques les humaines ', Par quoy fut dit l'hereticque prescheur.

Après voulut soustenir que ung pécheur.

Quelque bien faict qu'il feist ou pénitence,- Ne fût reçeu soubz papalle puissance A obtenir quelque grâce ou mercy.

Pape Félix premier regnoit *; aussi Se fut du temps Gordian , prudent homme, Imperateur premier chrestien à Rommei :

Ce Novatus, rommain, très obstiné.

Fut par soixante evesque condampné* Comme erronicque et ae vie coulpable s.

Aultre erreur fut folle et irraisonnable Que ung ygnorant et barbare esleva, Lequel feist tant aue douze hommes trouva Ses aliez et disciples pour dire Ettesmoigner qu'il est(oit) Crist; contredire Voulut à ce ledit Félix , par quoy De plus en plus augmenta nostre loy.

t. Nyv. : Mais ses raisons estoyent foies et vaines.

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