Pour ne pas, pour n'avoir pas donné la solde
). Dans ces vers et quelques-uns de ceux qui suivent jusqu'à la fin du morceau , Gringore paroît attnbuer Pinsuccès des guerres d'Italie aux malversations des gens de
a, Ecclesiast., X : Avaro nichilest ceUstius,
b, I ad Thimot., VI : Raâix omnium malorum est cupiditas.
c, Vegetius, de Re Militari : Famés sefior est hostis quam glaiius.
}2 Gringore.
Or regardez aue de princes royaulx , Capitaines, nobles, preux et loyaulx, Par leurs faulx ars ont esté à mort mis, Gens liberaulx ont esté faitz vassaulx, Pays perduz, et tout par leurs deffaulx'*.
Trop tart ilz furent despoinctz « et desmis ^ A malle heure ilz se sont entremis De manier ne mise ne recepte , Quant par eulx est faicte si grant decepte , Qu'il en sera à tout jamais mémoire !
Avarice est ennemye de victoire.
O gens ingratz qui , en bien petit » d'ans,
finance. Il est d'accord avec le sentiment public d'alors, à qui Torgueil national ne permettoit pas de voir les véritables causes oe cet insuccès. Il faut reconnoître pourtant que les révoltes des Suisses, le manque de vivres, de munitions, furent pour quelque chose dans les défaites des François lors des expéditions de 149$ et de 1503, et que les pilleries des payeurs de gendarmes furent une cause importante de ces désordres. Ces reproches amers de notre poète semblent du reste un écho des plaintes formulées par les cahiers du tiers état à rassemblée des États de 1484, et oui eurent un si grand retentissement lors de la jeunesse de Gringore. Ce quelcun dont il parle ici est sans doute Brissonnet, receveur général des finances sous Charles VII 1; les autres allusions font trop vagues et s'adressent à des personnages trop inférieurs pour qu'il soit utile et possible d'y appliquer des noms propres.
1 . Mis hors de point, rendus inutiles, chassés de leur service .
2. Bien petit pour bien peu. Encore usité dans le patois Normand , ainsi que tins, que nous allons rencontrer deux vers plus bas pour tenu.
a. Quandoquidem accepta claudenda est janua damno.
b. Faustus * : JV/7 juvat amisso claudere septa grege,
* // s'agit probablement de Faustus Andrelinus, poète Mn célèbre du XV* siècle, et, très-probablement aussi, la citation de Gringore est empruntée aux Bucolica. //1-4, Paris,
Les folles Entreprises. 3^
Avez acquis le renom de mordans, Grans et petitz avez tins aux abboys ; S'il' vous survient périlleux accidens^ Comme d'estre en chartre residens.
Vous valiez pis que loups estans aux boys" :
Pour ung denier en avez compté troys , Dont le Prince a esté travaillé >.
Et eust Pen mieulx qu'on n'a fait bataillé Se on eust payé comme entendoit le Prince ; (^i n'eust le "boys aboly, retaillé, Soubz son umbre on eust advitaillé :
Maintz loups pervers degastentla province.
Tant de vefves , orphelins et pupilles '' Nous avons veu , par leurs euvres subtiles , Et efforcer pucelles par les champs , Rompre chasteaulx , raser murs et oastilles -, Francoys non francs, mais captife et servilles, Par émine ^ui les rendoit meschans ) ; Adnichiler discretz docteurs preschans:
Les citoyens par empruntz molestez , Piller, rober gens de mestier, marchans , Et rançonner les laboureurs des champs , Gens d'église piteusement traictez.