‹ Œuvres complètes de Gringore (volume 3)Chapitre 44 sur 208 · Sot, niais · texte numérisé non relu

Sot, niais

2. Ces trois vers fort curieux peuvent être te résumé de la politique royale à la fin du xv* siècle et au commencement du XVI». Ils nous expliquent les guerres d'Italie , et nous montrent que dès lors les vi6 et hardis esprits de la jeune bourgeoisie du Parlement et de l'Université comprenoient fort bien que cette continuité de guerres au dehors étoit un rude coup porté à la féodalité.

a. Horatius : Quandoque bonus dormitat Homerus.

b. Horatius : Nemo omni est ex parte beatus.

c. Proverb., XI : Justicia liberabit à morte.

4, Alanus : In messem alteriusfalcem dimittere noli*

52 Gringore.

Royauimes gouvernez par prestres A peine peuvent fructifier ».

Puis qu'il fault que je le recite , Que se congnoissent iiz en guerre <* ?

Qui leur a apris Texercite ?

De ce me suis voulu enquerre ; Mais on dit qu'ilz font pour acquerre Seulement la gloire mondaine Qu'on pert en une heure soudaine , aS\ïs leur est que tousjours dure.

Et noblesse n'est pas certaine De ce que le peuple en endure

De la vertu de Miséricorde,

Miséricorde, qui est si pitoyable , Ne deveroit pas des princes estre loing^ ; Mais aujourd'huy el a l'espée au poing Souffrant pugnir cil qui n'est point coulpable. Elle tire, par façon admirable, D'un arc turcquoys ; et Rigueur s'apareiHe

I . Il y a là et dans les vers qui suivent des allusions au cardinal-ministre d'Amboise, qui, sans commander lui-même les troupes, avoit, dans l'année i $03 surtout, dirigé la plu> part des mouvements militaires. On comprend que Gringore ^ le serviteur du puissant baron de Ferrieres , n'aimât. pas le ministre qui dingeoit la politique anti-féodale de la royauté; nous verrons plus tard les raisons que notre poète pouvoit avoir encore ae garder rancune à celui qui poussoit si fermement à la réformation de l'Université, de la Justice et des Ordres religieux.

a, Salustius : Quant quisque norit artem in hacseexerceat.

b. Seneca : CUmaitia maxime principes decet et cortun regnum stabile reddit.

Les pollejs Entreprises. 5)

De luy souffler paroles en l'oreille ; Tel vent la fait mane et variable ; D'autre costé est rHomme insaciable Qui fauche tout sans pitié ne mercy, C^t ce qui met tous estatz en soucy.

La bonne Dame courtoise et vénérable Est conduicte par gens cruelz, despitz ', Plus dangereux que serpens ne aspicz ", Car ilz ne font chose qui soit louable.

Balade.

Considérez aue gens vindicatifz Qui ne veullent les faultes pardonner Sont ae péché les enfans nutntifz Et ne veult Dieu de leur cas ordonner K Tout homme humain se doit abandonner A pardonner si on luy quiert mercy Ou jà son cueur ne sera esclarcy * Quelque prière que par devers Dieu face; Qui pardonne mérite d'avoir grâce ^; Qui ayme amour vit en tous bons accords ; Et ses meffaitz par tel mérite efface , Car Dieu benist tous les misericords.

Les aucuns sont ingratz et deceptifz Qui ne veullent aucun pardon «donner Et commettent plusieurs maulx excessifz Dont ilz ne font souvent cloches sonner.

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