‹ Œuvres complètes de Gringore (volume 3)Chapitre 52 sur 208 · La comparabon · texte numérisé non relu

La comparabon

2. Ce mot me paroît amené uniquement par la rime; Cringore cependant veut peut-être indiquer que la conscience du mal (]u'ils font y ou le peu d'habitude qu'ils ont de vivre , * comme il convient à d'honnêtes bergers, au grand air parmi leurs brebis, les a rendus pâles. Nous verrons plus tard, dans les Contredits de Songe creux, notre poète ajouter aux deux sens du substantif p^/e ou palle, pieu, dais, un troi-^ sième sens , plus rare au commencement du xvi' siècle, celui de manteau; peut-être ici donn&-t-il à l'adjeaif palliz la signification d'hommes couverts de riches vêtements.

a. Johannis, X : Qui non intrat par ostium in ovile oyium, scdascendit aliundcp illefurest et latro.

64 Gringore.

Leur demonstroit que qui par l'huis ne passe ^ ^ Et par ailleurs veult entrer par fallace > ^

Comme larron, Folle Entreprise fait, Car telz Pasteurs n'ayment divine grâce, Il leur suffist que leur vueil soit parfait.

Des Pasteurs ambicieux et symoniaques.

A telz Pasteurs mal discretz et ineptes Ambicion leur aidoit à monter «, Simonie leur bailloit les houllettes Dont molestoient les povres brebiettes; Dedens les parcs, les voulant surmonter Quant les dévoient nourrir, alimenter, Souffroient lyons, tigres, serpens venir; Les loups vouloient Tes chiens entretenir» ; Lors Pastoureaulx», à leur plaisir submis; Simples ouailles souffroient chasser, bennir f En les livrant entre les ennemys*.

Se telz Pasteurs sont subtilz ,- fins et caulx , Voulans avoir les laines des brebis.

Et submerger aigneletz et tropeaulx'^ En leur vivant, puis prendre laines, peaulx Après leur mort , cherchant telz alibiz

I . Les chiens recherchoient la compagnie des loups. 3. Le clergé de second ordre.

). Bannir.

a. Hebre., V : Nec quisquam sumit sibi konorem, sed qui vocatur à Dto tanquam Aaron.

b. Johannis, X : Mercenarius videt lupum venientem et iimittit ùves ttfugit.

c. Ezech., XXXIIII : Ntqul qutsienmt postons gregeni neum, sed pascebant scmet tpsos.

Les folles Entreprises. 65

Pour culx vestir de sumptueux habîz Yver, esté, sans cueillir herbelettes, Pour sustenter les ouailles » nettelettes Qui se doivent par les Pasteurs conduire, Hz commettent entreprises follettes y Car c'est à eulx les régir et instruire.

L'Acteur.

Pasteurs, entrez désormais par la porte, Ne cerchez plus la voye ou sente oblique ; Soyez humbles, affin que Dieu supporte Voz simples ouailles quant le serpent les picque; Entretenez parolle evangelique.

Gardez d'entrer par les murs, à main forte «; Ne cerchez plus la voye ou sente oblique :

Pasteurs, entrez désormais par la porte.

Se ne observez nostre Foy catholique,

Dedens Enfer vous et vostre cohorte

Trébucherez ; le Renard baseÛque

De Lucifer, par art dyabolique.

Vous tirera à soy d'estrange sorte;

Ne cerchez plus la voye ou sente oblique :

Pasteurs, entrez désormais par la porte.

I . Ouailles ne forme que deux sylUbes. Il faut pourtant se rappeler que la quantité des mots employés dans fa poésie du XV' siècle est parfois difficile à préciser, à cause de la grande licence que se permettoient les poètes de ce temps dans les élisions.

a. Johanms, X : Qui auttm ihtrat ptr hostiam pastor est oyium.

Gringon I.

66 Gringore.

Le danger où sont les Pasteurs et les ouailles.

En ce beau parc plain de fleurs, de verdure , D'arbres, d'herbes, fontaines et mis- Autonne vient pour leurfairelaidure ; [seaulx ', Yver l'ensuyt , qui leur fait peine dure ; Prin temps après raverdit les préaux , Car il esmeut fleurettes, arbres beaulx; L'Esté meurist par Phebus qui domine , Terre produit, mais Mars vient qui chemine , Voulant ravir les belles garnisons * Que Pastoureaulx font oedens leurs maisons. - Lors Antoune recommence sa prise, Yversaisist, et cache traisons En son ventre, faisant Folle Entreprise.

Comme le Pasteur doit garder ses ouailles.

Lî

e bon Pasteur, voyant ses simples ouailles * ^

'En tel dangier, et mesmes sa personne , ^\ Les doit nourrir de foingz, de grains, de pailles. Les preservans de guerres et batailles^

Ou autrement son tropeau mal ordonne ; i

A celle fin que resistence donne '

Contre les Loups, le baston pastoral j

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