‹ Œuvres complètes de Gringore (volume 3)Chapitre 80 sur 208 · Ils ont assez Tusage de biasmer · texte numérisé non relu

Ils ont assez Tusage de biasmer

a. Mathei, XXI II : Quecumque dixerint yobis servate et facile, secundum opéra vero eorum nolitefacere , dicunt enim et non faciunt,

b. Ad Roma ,11 : Qui alium doces, teipsum non doces, qui predicas non furari dum furaris, qui dices non mechari dum mecharis.

102 Gringore.

Comme les Reformateurs n'ont osé assaillir les

grosses aobayes y du commencement,

mais ont reformé les Mendians;

et sont comparez aux

Loups sortans

des boys ».

Les loups partans secrettement Des boys pour faire des grans maulx, Pevent regarcler songneusement Muletz, jumens et grans chevaulx; Garde n'ont de leur faire assaulx « Quant ilz sont ensemble serrez, Pource qu'ilz ont les piedz ferrez.

Les loups seroient tresmal venuz D'assaillir ces grans beufz comuz, Qui ont cornes pour eulx defFendre; Aussi ilz n'en assaillent nulz ^, Point ne s'efforcent de les prendre; îlz n'osent aussi entreprendfre

I. Grîngore se trompe, car la réformation des riches abbayes de Tordre de Saint-Benoît, entre autres de Saint- Germain des Prés , suivit immédiatement la réformation des Jacobins^ et des Cordeliers. Ces deux ordres , avec les Carmes etles Augustins, étoient les plus anciens des ordres mendians. Le nombre en fîit plus tard porté à sept, par la création des Capucins, des Récollets et des Minimes. Les plut actife de ces Réformateurs , contre lesquels notre poète montre tant d'hostilité, étoient , sous la haute direction du grand cardinal d'Amboise, légat du pape, les évéques d'Autun et de Castellamare; olivier Maillard , pour les ordres Mendians; frères Jean Roliin et Philippe Bourgoing, religieux de Clun}r, pour les Bénédictins.

«. Ovidius : !n audaces non est audatia tuta.

b. Alanns : Dente timetur aper, défendant comuathaunun, ImbeUes dame quid nisi preda sumus /

Les folles Entreprises. 103

D'assaillir ung tas de pourceaulx , Qui grognent dedens leurs tropeaux.

Ces loups subtilz , pervers, s'adressent * Aux simples bestes, qu'ilz oppressent ; > Comme iyons devorateurs, Povres aigneaux navrent et blessent^ Mesmement les simples pasteurs.

Tout ainsi noz reformateurs Ont voulu faire leurs mistères , Et n'ont osé, de peur des heurs *, Assaillir les gros monastères^.

L'Acteur.

O séducteurs qui par blandissemens, Par faulx semblans et subtilz documens , Entreprenez entreprises damnables, Rompans chartes, mandemens , instrumens *, Subvertissans princes par preschemens , Et commetant des vices exécrables , Enseignemens proferez et notables); Bouche les dit, mais le cueur dissimule '!

Sainct Augustin, saina Benoist, gens notables, Confesseurs sont, jamais n'alloyent sur muUe.

Quant d'aleguer4 : « J'ay souffert peine aus- Et suis jà vieil » ; on entend ce mistère , [tèrc;

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