Homélie XIII, chap. zvm
son propre visage à Faustus, que tout le monde, même sa femme et ses enfants, prennent pour le magicien. En apprenant la vérité, toute la famille est au désespoir. Mais saint Pierre, toujours bon et toujours fin, vient ^ Taide de Faustus et tire parti de sa métamorphose : « Courez à An* tioche, lui dit-il, où Simon doit aller pour y parler contre moi ; vous arriverez avant lui. Vous direz aux habitants: c Je suis Simon le magicien , et j'ai menti impudemment « quand j'ai appelé saint Pierre un charlatan et un im-
< posteur. G*est un véritable apôtre, l'envoyé de Dieu, venu « pour le salut du monde. Quant à moi, pour me punir « de ma haine contre Tapôtre de vérité, les anges du Sei* « gneur sont venus me flageller cette nuit. Si je revenais « par hasard calomnier Pierre devant vous, ne me croyez
< pas : je ne suis qu'un menteur et un magicien. Puisse c mon repentir effacer mes fautes * ! »
Faustin partit pour Antioche et y tint le discours que saint Pierre avait dicté. Le peuple d' Antioche le prit pour Simon le magicien et conçut en l'écoutant une si grande estime pour saint Pierre,, que l'apôtre fut appelé dans la ville par les prières de tous les habitants. Le roman nous le montre arrivant à Antioche pour jouir du succès de son stratagème. C'est par ce trait d'adresse du saint que se terminent • les homélies. Il est permis de conjecturer qu'après avoir si habilement profité de la métamorphose de Faustus, saint Pierre lui rendra son vrai visage, et que, si le magicien vient à Antioche, il y sera mal reçu. Ainsi rien ne manque au dénoûment classique du roman, ni la récompense des bons, ni la punition des méchants. Peut-être trouvera-t*on que saint Pierre est bien fin. A trompeur, trompeur et demi, a-t-il 'air de se dire, en faisant tomber Simon dans le piège. J'aimerais mieux