‹ Œuvres complètes de H. Rigault (volume 3)Chapitre 10 sur 199 · X NOTICE · texte numérisé non relu

X NOTICE

pour la vie matérielle, qui ne laisse pas assez à désirer : elle habitue trop au bien-être et au luxe.... Enfin, comme nous disait M. Nisard, et c'était une de ses bonnes idées, je suis heureux trop tôt....

« ....Moiaussiy je suis père, maintenant quej'élève un enfant, et tu ne saurais croire , mon ami , combien je commence à mieux comprendre et à mieux aimer Tenfance. A Técole, nous aimions un enfant comme une espèce de plante charmante, ou comme un objet d*art; nous étudions en lui Tœuvre curieuse de la nature, ou le développement artificiel de ses qualités ; en lui nous admirions Dieu ou Téducation. Maintenant j'y trouve un autre attrait encore plus puissant, cette espèce de tendresse sans réflexion, qui ne vient pas de ce qu'on les aime en poëte, ou qu'on les analyse en moraliste, mais de ce qu'on respire le même air qu'eux, qu'on les embrasse quand ils sont bien sages, et qu'on est inquiet quand ils souffrent, enfin de ce qu'on mêle intimement sa vie à la leur, et qu'on aime, non plus Tenfance, mais un enfant. Voilà la peinture, mille fois trop vague, de ce que j'éprouve. ...»

Je ne sais si je me trompe : mais ces lettres qui m'ont fait encore plus aimer et estimer M. Rigault expliquent ce que le public a du premier coup aimé et admiré dans ses écrits. Je veux dire cette honnêteté spirituelle, cette fermeté aimable , cette rare et précieuse faculté d'aimer le bien et de le faire aimer, cette maturité précoce, sans pédanterie et sans pré-

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