‹ Œuvres complètes de H. Rigault (volume 3)Chapitre 109 sur 199 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Réflexions critiques sur Longin.

A proprement parler, les Réfleûcions sur Longin sont un répertoire des bévues de Perrault. Boileau n'y aborde aucune question, n'y soutient aucune doctrine : il y relève les contre-sens, les fautes de style, et même les fautes d'orthographe. Quelquefois, emporté par la réfutation, il s'avance trop loin : il traite son adversaire d'extravagant pour avoir insinué qu'Homère pourrait bien n'être pas l'auteur de Y Iliade, et annoncé qu'on préparait en Allemagne des mémoires sur ce sujet*. Mais le plus souvent ses critiques sont justes. Il prouve à Perrault qu'il a lu Ëlien dans une traduction, sans vérifler le texte, qu'il lui a fait dire le contraire de ce qu'il dit, et que le chien qui reconnaît Ulysse peut avoir vécu vingt ans, puisque celui de Louis XIV en a vécu vingt-deux. Il analyse et commente avec goût le début de la première Olympique de Pindare, parodiée par Perrault. Il substitue aux versions platement infidèles de son adversaire des traductions exactes et élégantes, qui font ressortir ses erreurs et son injustice. Enfin, dans la meilleure page des Réflexions, il lui apprend avec beaucoup d'esprit que les véritables pédants ne sont pas les anciens qui défendent l'antiquité parce qu'ils la connaissent, mais les modernes qui l'attaquent parce qu'ils l'ignorent: « Monsieur P..., dit-il après avoir

Page 1