‹ Œuvres complètes de H. Rigault (volume 3)Chapitre 12 sur 199 · XII NOTICE · texte numérisé non relu

XII NOTICE

et rhonnêtelé devant le publiCi avoir beaucoup d'esprit et de l'esprit argent comptant. L'apologie du bien en ce monde demande beaucoup plus de frais de talent que l'apologie du mal. Il y a de vieux préjugés qui font que les moralistes passent aisément pour sots et ennuyeux; et ces préjugés font loi, à moins qu'ils n'aient affaire à un homme comme M. Rigault, c'est-à-dire à une raison qui savait être aimable, à une sévérité qui avait le talent d'être à la fois moqueuse et gracieuse. Le duc d'Orléans disait vers 1835, voyant les progrès de sa réputation populaire : a Je crois qu'on commence à me pardonner d'être prince. » Un homme d'esprit qui veut hautement être honnête homme, ne commence aussi à être sûr de son succès que lorsqu'on lu^ a pardonne son honnêteté.

La révolution de 1848 jeta M. le duc de Nemours dans l'exil avec toute sa famille. M. Rigault le suivit. Il vit alors bien des faiblesses et des lâchetés. « Le plus grand malheur des révolutions, écrivait-il à son ami M. Riquier, le 1 1 mars 1848, c'est la multitude des gens qu'elles vous forcent de mépriser.... J'ai vu des personnes attachées à la dynastie par toutes sortes de bienfaits, courir au-devant de la république et solliciter sa pitié. Je ne blâme pas les gens qui ont donné leur adhésion : le premier besoin est celui de l'ordre; mais ceux qui exerçaient des fonctions auprès de la personne du roi et des princes devaient attendre que

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