‹ Œuvres complètes de H. Rigault (volume 3)Chapitre 179 sur 199 · Traité des études, 1. 1, Ut. II, chap. i · texte numérisé non relu

Traité des études, 1. 1, Ut. II, chap. i

gens, comme s'en plaint Mme Dacier, « étaient tout entiers aux cafés et aux opéras. » Autour d'eux, tout les confirmait dans leur dédain pour l'antiquité. Ils n'avaient pas à se montrer plus homéristes (c'est le mot du temps) que l'Académie. La société polie des salons, qui commençait à se piquer de philosophie, trouvait de bel air de se moquer de Y Iliade. On considérait, a dit Terrasson, la cause de La Motte comme celle de l'affranchissement de l'esprit humain*. Les femmes, et, à leur tête, l'amie intime de La Motte, la marquise de Lambert, qui avait inventé pour lui le nom bizarre (Tâme de génie^ faisaient des cabales contre Homère. Les journaux français et étrangers, surtout ceux de Hollande, restaient fidèles à leur opposition contre les anciens. Les Pères de Trévoux justifiaient à grand renfort d'arguments la prétention de La Motte, de juger Homère sans savoir le grec, célébraient en lui l'auteur d'une Iliade plus parfaite que celle d'Homère, et reléguaient Mme Dacier au nombre de <t ces scoliastes sans génie, qui usurpent l'empire de la république des lettres*. » Le Mercure galant^ dirigé, depuis 1713, par Le Fèvre, était aussi moderne que du temps de de Vizé •. Dans le Journal littéraire de la Haye, Sallengre et Van Effen continuaient à guerroyer contre les anciens. Le gouvernement français lui-même s'était, à ce qu'il paraît, déclaré contre Homère : dans une lettre écrite à M. de La Roque, sous le nom de Mathanasim, Saint- Hyacinthe désigne Philippe d'Orléans comme l'un des patrons des modernes^. La littérature légère s'était emparée des anciens pour les tourner en ridicule. Marivaux, à ses

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