Chap. nx. ^ 1. Chap. xv. — 3. Chap. xiv
oppose l'Italie. La France du même temps opposera la France ; et même au siècle suivant , l'Angleterre , par la voix de ses modernes, n'opposera que l'Angleterre. Chacun chez soi, chacun pour soi , cette fameuse maxime prévaut, m ême en littérature. Rien n'explique mieux la lenteur de l'idée de progrès.
Le livre de Tassoni fut traduit en français par Jean Baudouin , le traducteur infatigable de toutes les nouveautés italiennes, anglaises et espagnoles ^ Baudouin, un des premiers membres de l'Académie française, y fut nommé dès sa fondation, avec Bautru, Silhon, Bourseys, Maynard, Colletet, Gomberville , etc. La traduction de Baudouin fît peu de bruit , car Pellisson ne la mentionne même pas parmi les ouvrages de cet académicien, et les Pensées diverses ^ de Tassoni, semblent inconnues non-seulement à Charles Perrault, qui aurait pu s'autoriser de ce nom illustre, mais même à Pierre Perrault, son frère, le traducteur du Seau enlevé. Rien d'étonnant toutefois que Boisrobert ait connu le livre de Tassoni par son confrère Baudouin , et qu'il y ait pris l'idée d'attaquer les anciens. Ce n'est qu'une conjecture, je l'avoue, que le défaut de documents ne me permet pas de changer en affirmation; mais c'est une conjecture vraisemblable, quoique émise pour la première fois.
C'est Boisrobert qui le premier en France, au xvn« siècle, conunença par une escarmouche la guerre si longue des anciens et des modernes. Il arrive aux grandes pièces d'être jouées par de petits acteurs, et c'est souvent un faquin, comme dit Balzac, qui paraît sur la scène au lever du rideau. Boisrobert ne se doutait pas que la guerre qu'il allumait durerait plus d'un siècle, et qu'elle occuperait les plus grands esprits de TSurope ; il ne songeait pas davan-