VIII NOTICE
ces ennuis qu on aurait pu redouter pour moi, et que, du reste, je n'aurais pas supportés vingt-quatre heures. J'étais parfaitement décidé , en acceptant mes fonctions nouvelles, à les faire respecter par tout le monde, et si j'avais trouvé ici quelque militaire, dédaigneux des pékins, qui m'eût blessé, quelque noble méprisant la roture, qui m'eût fait une insolence , j'aurais obtenu de suite justice du prince, ou envoyé ma démission. Je n'ai pas encore eu pareille épreuve à subir, et je suis convaincu que je neTaurai pas.
c Restent mes fonctions en elles-mêmes. Ici, je ne puis encore juger complètement. Pour bien apprécier de pareils travaux, il faut qu'ils se soient assez longtemps répétés : enseigner un enfant, c'est charmant pendant quelques jours, cela peut devenir très-ennuyeux au bout d'un certain temps, et c'est ce certain temps qu'il faut épuiser, avant d'avoir la mesure véritable et du fardeau qui pèse sur vous, et des forces que vous avez pour le supporter. Quant à moi, je ne puis parler encore que de mes premières impressions : cela ne m'ennuie pas maintenant. Le comte d'Eu est un enfant réfléchi, d'une grande netteté d'esprit, d'une docilité rare : il a toutes les qualités nécessaires pour bien apprendre, et, de plus, la bonne volonté qui les emploie. Ce n'est pas encore un enfant brillant, mais c'est déjà un esprit appliqué , exact et judicieux. Je l'aime beaucoup, et il m'aime beaucoup aussi. Voilà où j'en suis. 11 se peut que je me fatigue de cet enseignement jusqu'à ne pouvoir