‹ Œuvres complètes de H. Rigault (volume 3)Chapitre 85 sur 199 · Soirées de Saini-Pëtersbourg y 1. 1, p · texte numérisé non relu

Soirées de Saini-Pëtersbourg y 1. 1, p

lectures, mais il se les est tellement appropriées qu'elles semblent originales, et ont toute la grâce de la nouveauté. Il a pris soin de cultiver son propre fonds, et, comme ce fonds est fertile, il en tire par de fréquentes réflexions mille pensées nouvelles qui quelquefois semblent un peu paradoxes, mais qui étant examinées se trouvent pleines de sens et de vérité. » C'est Perrault en personne, avec l'éducation qu'il s'est donnée lui-môme, et l'opinion qu'il a de lui.

Le Chevalier est un homme du monde , à demi cultivé , léger, superficiel, avec une inclination plutôt qu'un parti pris en faveur des modernes et une rancune d'écolier contre les anciens. Il se jette au hasard dans la discussion, et prend à son compte les plus grandes hardiesses de Perrault. Perrault le lance en avant, se réservant, s'il le faut, de le désavouer. « Je ne garantis pas toutes les vivacités du Chevalier, comme par exemple quand il soutient que Socrate et Platon sont deux saltimbanques, et que Mézerai narre plus exactement que Thucydide. Quoique ces propositions puissent être vraies dans le fond, comme elles sont contraires aux opinions reçues, je n'ai pas estimé devoir les soutenir bien sérieusement'. >»

Le Président, l'Abbé et le Chevalier avaient souvent disputé, raconte Perrault, sur le mérite des anciens, à l'occasion du poème sur le Siècle de Louis le Grand, qui faisait l'entretien et divisait les opinions de tous les beaux esprits. Un jour que les trois amis allaient visiter les jardins de Versailles, le Président, fidèle à son amour de l'antiquité, se prévalut de l'autorité d'Horace pour mettre Versailles au-dessous de Tivoli , et vanter le siècle d'Auguste dans le palais de Louis XIV. L'Abbé répliqua, le Chevalier intervint , et la discussion dura presque tout le jour. Perrault

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