‹ Œuvres complètes de H. Rigault (volume 4)Chapitre 43 sur 75 · Tùhleau de l'éloquence chrétienne y p · texte numérisé non relu

Tùhleau de l'éloquence chrétienne y p

tés un sermon au milieu d*une fête, comme du temps où Bossuet prêchait, dit-on, àl'liôtel de Rambouillet? Ce n'était pas tout à fait M. le duc de Montausier ; c'était M. le prince de Talleyrand, et il retrouvait en écoutant saint Chrysostome une sensibilité qu'on pouvait croire émoussée depuis longtemps par les accidents de sa vie. Mais n'est-il pas vrai , Messieurs, ce fragment d'homélie qui d'un cours de Sorbonne passe dans un salon; cette société profane qui interrompt ses plaisirs pour se presser autour d'un Père de l'Église ; celte curiosité qui précède la lecture ; cette émotion qui la suit, tout cela n'était-ce pas le signe que le temps des Pères de l'Église était enfm venu, et que leur éloquence aurait un auditoire dès qu'elle aurait un historien?

C'est alors que M. Yillemain, appliquant aux premiers siècles de l'Église cet art qui lui appartient d'éclairer la littérature par l'histoire, rouvrit à nos yeux un monde enfoui sous terre et que nous ne connaissons plus. Il y a dans les Martyrs une page admirable. Eudore raconte qu'égaré dans Rome et traversant des champs abandonnés, il aperçoit des personnes qui se glissent dans l'ombre; il les suit et pénètre sur leurs pas dans une galerie souterraine à peine éclairée par des lampes suspendues. Tout à coup une harmonie semblable au chœur des esprits célestes sort de ces demeures profondes. Eudore regarde : il découvre une salle illuminée ; sur un tombeau paré de fleurs, un prêtre célèbre les mystères des chrétiens. Des voix mélodieuses chantent au pied de l'autel. Eudore reconnaît les catacombes. Cette surprise et cette émotion d'Eudore, ne les avons-nous pas tous éprouvées, Messieurs, lorsque, pénétrant sur les pas de M. Villemain dans les origines de la littérature chrétienne, tout à l'heure si obscures pour nous, et maintenant illuminées par une science éloquente, nous entendions s'élever, comme des profondeurs de la primitive Église, les

yoix harmonieuses et puissantes des Basile, des Ghrysostome, des Ambroise et des Augustin * ?

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