SECTION QUATRIÈME
PERIODE FEODALE.
59. Cette section n'exige point un ample dëTeloppement ^ puisqu'on a déjà yu que tous les duchés et comtés , aujourd'hui proyinces, avaient déjà acquis des limites stables sous Louisle-Débonnaire , et que sous Charle&-le-Chauye , ils étaient déjà dévenus héréditaires de feit.
Hugues Capet , tige de la troisième race , rendit les honores et les bénéficia, héréditaires avec la jurisdiction qui y était attachée ; ou/m ju/risdictionB iMSuetâ; on appelait la place ffonor; les profits ou émolumens qui y étaient attachés ou les domaines royaux que le titulaire administrait ^ étaient connus sous le nom de bénéfices; au prix de ces concessions, la plupart des grands du royaume, excepté le comte de Flandre, qui n'y fiit contraint que plus tard , proclamèrent Hugues roi , à Noyon, en 987, et le reconnurent pour leur semeur, en lui rendant hommage.
Le séniorat consistait en un contrat synallagmatique , par lequel un homme s'engageait de prêter a$de et conseil à un
autre en échange de la promesse d'en être honoré et défendu; le premier était appelé homme ou fécd; l'autre, senteur ; le contrat s'appelait hommage; ces engagemens furent purement personnels dans l'origine ; ils deyinrent fonciers sous Charlemagne ; et dès-lors le possesseur du fond devait aide et conseil au sénieur dont il tenait le fond . Hugues Capet ayant rendu les HONNEURS et les bénéfices héréditaires pour s'attacher tous ces grands dignitaires comme féaux , ces grands , à leur tour^ furent forcés , pendant l'anarchie et les guerres du moyen-âge , qui ont suivi l'élévation d'Hugues Capet, de morceler leurs domaines par des honneurs et des bénéfices pour s'attacher des féaux et en augmenter le nombre.
C'est ainsi que s'est formée la souveraineté de nos provinces , aux dépens du domaine royal, et qu'ont été créées nos seigneuries de village , comme il sera démontré dans la seconde partie.
60. Maintenant, à l'aide de ce précis topographdque ^ on peut connaître, par la première section, quels sont les premiers peuples qui ont habité la Belgique et qu'elle part chacun d'eux en a occupée.
Par la seconde : comment les Romains , en confondant tous ces peuples , ont donné à la Belgique une nouvelle organisation territoriale, civile et politique.
Par la troisième : comment les Francs , peuples Germaniques, ont rétabli l'organisation Germanique, avec les modifications des institutions romaines, dont ils apprirent à connaître successivement la valeur et les avantages.
Enfin , par la quatrième : comment ces trois organisations ont disparu sur la fin du X® siècle par la chute des Carlovingiens , et comment sont nées les souverainetés particulières de nos provinces et de nos duchés, comtés et seigneuries.
DE L*ANGIENNE BELGIQUE. 131
Je n'ignore point qu'il existe des traités sur l'ancienne topographie de la Belgique; mais je n'en connais pas qui nous donnent des notions claires et succinctes de cette liaison entre ces quatre époques; après les avoir tous lu , on n'en a qu'une idée confuse: j'ai tâché d'en présenter une exposition courte et nette. Heureux, si j'ai réussi !
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