‹ uvres complètes de J. J.RousseauChapitre 1 sur 150 · CHEZ P. DUPONT, LIBRAIRE-EDITEUR · texte numérisé non relu

CHEZ P. DUPONT, LIBRAIRE-EDITEUR

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AVERTISSEMENT

Les ouvrages compris clans ce volume, composés pour la défense A' Emile et du Contint social, ayant avec ces derniers xme liaison nécessaire , doivent être classés dans la même division et les suivre immédiatement. Le premier est la Lettre à l'archevêque de Paris , et le second a pour titre : Lettres écrites de la Montagne. \l\(\?Xd\x(i de celles-ci demande quelque développement, parce qu'elle se complique avec celle des troubles de Genève, dont la condamnation de Rousseau fut le prétexte ou la cause. Cette histoire doit naturellement précéder les Lettj-es de la Montagne ; disons im mot de celle à l'archevêque de Paris.

.Tean-Jacques avait pour principe de ne répondre qu'à des adversaires dignes de lui, soit par le talent avec lequel ils l'attaquaient, soit par le rang qu'ils occupaient. Les autres n'obtenaient de sa part qu'un dédaigneux silence.

C'est d'après ce principe qu'il prit la plume pour répliquer à l'archevêque de Paris, dont le mandement « l'affecta, parce « qu'il venait d'un homme pour qui il avait toujours de l'estime, « et dont il admirait la constance '. »

Cette réplique passe pour un chef-d'œuvre. Jean-Jacques y suit sa maxime « d'honorer l'autenr et de foudroyer l'ouvrage. » Il y réunit tous les genres que permet la polémique, ajoutant, suivant l'occasion , à ime logique pressante une ironie fine et piquante sans amertume. « Il y a dans cet écrit, disait Grimm, « des choses d'une grande éloquence, des raisonnements d'une « grande force, et, ce qu'il y a de plus singulier, une légèreté « de plaisanterie qui n'appartient pas au citoyen de Genève '.

' Confessions , liv. xil.

^ Parce qu'il ne voulait pas s'en saisir, et qne ses méditations réioiguaient de ce genre , dans lequel il aurait excellé s'il l'avait voulu. Assez de preuves justifient cette opinion. Outre la conversation dont parle Grimm , nous citerons

2 AVERTISSEMENT

n 1^ conversation lïc l'archevcquo avec le janséniste do la rue « Saint -'Jacques est faite dans un si bon yoût de plaisanterie, c< qu'on la croirait de M. de Voltaire. »

On bhinia le titre que prit dans sa léponse Rousseau , qui paraissait traiter d'égal à égal un prélat pair de France. On prétendit qu'il y avait de l'ostentation dans ce titre, parce qu'il opposait à l'énumération fastueuse des qualités de l'archevêque, celle de citoyen de Genève , la seule qu'il prenait et à laquelle il renonça même peu de temps après. Au> observations qui furent faites à ce sujet, on répliqua que Rousseau, n'étant point de la religion catholique, ne vit dans le mandement qu'une critique d'Emile , et dans le prélat qu'un auteur qui l'attaquait, envers lequel il usa du droit qu'il avait dans l'intérêt de sa défense légitime. Du reste , le témoignage qu'il rend à l'archevêque de Paris , dont il admirait les vertus , ne permet pas de douter de ses intentions.

Il nous a paru convenable de faire précéder la lettre de Rousseau, du mandement auquel il répond, et dont la lecture peut mettre à même déjuger avec plus d'impartialité. Dans le premier paragraphe de ce mandement se trouve un portrait de l'auteur d'Emile , qui , grâce à quelques heureuses antithèses , obtint beaucoup de succès. M. P.

la Reine fantasfjue , la Lettre sur le professeur de danse Marcel, du i" mars 1763, celles à M. Cartier, du 10 juillet 1755), h. M. le comte de Lastic , du 3o décembre 1754 , modèle d'une sanglante ironie employée poisr punir une iniquité révoltante ; et d'autres lettres rpic nous ferons remarquer dans la correspondance. La cinquième Lettre de la Montagne offre encore une preuve, dans la manière plaisante dont Voltaire est mis en scène.

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