R. IV. TO
l46 LETTRE A M. DE BEAUMONT.
y comparussions tous deux , moi avec mon livre , et vous avec votre mandement , vous y seriez certainement déclaré coupable et condamné à me faire une réparation aussi publique que l'offense l'a été. Mais vous tenez un rang où l'on est dispensé d'être juste; et je ne suis rien. Cependant vous qui professez l'Évangile, vous, prélat fait pour apprendre aux autres leur devoir , vous savez le vôtre en pareil cas. Pour moi, j'ai fait le mien, je n'ai plus rien à vous dire , et je me tais.
Daignez, monseigneur, agréer mon profond respect.
J. J. Rousseau.
Motiers , le 18 novembre 1762.
iV. B. La note de la page 33 est de M. Petltain. Elle paraît susceptible de quelques explications. L'auteur pi-étend qu'il est question de Diderot, de Grimui , puis de madame d'Epinay. Tous les trois furent bien certainement étrangers à l'arrêt du parlement qui condamnait Emile. Le premier , uniquement occupé alors de L'Encyclopédie , craignait ce même parlement pour lui-même. Le second rendait compte aux souverains d'Allemagne de ce qui se passait chez nous. La troisième, qui n'était pas méchante, vivait dans une sphère que ses Mémoires nous font connaître et dont les plaisirs étaient la grande affaire. Rousseau, disant (dans la même page 43) que sa plume , pure de taute satire , n'a jamais compromis personne , a dû s'exprimer de manière à ne pas se laisser deviner. Nous devons profiter de cette occasion pour réparer l'omission d'un avis important : c'est que les notes marquées d'un astérisque sont conservées des précédentes éditions et ne nous appartiennent point. Les nôtres sont précédées d'un chiffre.