‹ Œuvres complètes de J. RacineChapitre 19 sur 328 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

MITHRIDATE, ARBATE.

Enfin, après un an, tu me revois, Arbate : Non plus, connue autrefois, cet heureux Mithridate Qui, de Rome toujours balançant letiestin, Tenois entre elle et moi Funivers incertain : Je suis vaincu. Pompée a saisi Vavantage > • D'une nuit qui laissoit peu de place au courage ^ : Mes soldats presque nus, dans Tombre intimidés , Les rangs de toutes parts mal pris et mal gardés. Le désordre par-tout redoublant les alarmes. Nous-mêmes contre nous tournant nos propVes armes, Les cris que les rochers renvoyoient plus affreux, Enfin toute Thorreur d'un combat ténébreux ^ :

> Avec quel art ces mots, je suis vaincu, suspendent le vers ! Ce sont là les secrets de la Tersification , et c'est ainsi qu'on varie les formes de notre alexandrin. (L.)

> Laisser peu de place au courage est ici une expression neuve et hardie, pour dire empCchmr le courage d'agir, le rendre inutile. (G.)

' Voici le rëcit qu'en fait Plutarque : « Les plus vieux capitaines • et chefs de handes lui firent tant de prières (à Pompëe) et tant « « de remontrances , que finalement ils l'esmeurent à faire tout « promptement donner l'assaut, parcequ'il ne faisoit pas si obscur « qu'on ne vist du tout goutte, k cause que la lune qui estoit basse « et prochaine de son coucher, rendoit encore assez de clarté pour « voir les corps des hommes : mais, popr ce qu'elle baissoit fort« b les ombres, qui s'estendoient bien plus loiii que les corps , attei- (' ^noient de tout loin les ennemis, de sorte qu'ils ne pouvoient pour

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