ACTE V, SCÈNE IV
sa mère ! Il devoit y trouver la mort. Cétoit Paris : le peuple de Phrygie Tappeloit renfant de Tlda'. Ah! plût au ciel que ce fatal pasteur, élevé parmi les troupeaux , sous le nom d'Alexandre, n'eût jamais habité près des clairs ruisseaux , aux bords des fontaines consacrées aux nym- • phes! Plût au ciel qu'il n'eût jamais foulé les vertes prairies, les gazons émaillés de fleurs vermeilles et d'hyacinthes dignes d'être cueillies par la main des déesses! C'est là que le messager des dieux conduisit la guerrière Pallas, et la perEde Cypris, et la reine Junon: Pallas, fière de sa lance ; Cypris, vaine de ses appas ; Junon , orgueilleuse du titre d'épouse de Jupiter, venoient y disputer le prix de la beauté. Odieuse querelle ! Funeste jalousie! Elle me donne la mort, ô mes chères compagnes! mais elle sera une source de gloire pour les Filles de la Grèce.
LE CHOEUK.
Victime que Diane a choisie, c'est sous les auspices de votre mort que le siège de Troie va s'ouvrir !
Et l'auteur de mes jours , ô ma mère ! mère infortunée , l'auteur de mes jours m'aba'ndonne et me trahit ! Malheureuse, on m'immole aux yeux de la barbare Hélène, on m'assassine J et la main d'un père dénaturé enfonce dans mon sein le couteau ! Ah! pourquoi l'Aulide a-t-elle reçu dans son port la flotte des Grecs ? Pourquoi la rame, fendant les flots , n'a-t-elle pas conduit nos guerriers au pied des murs de Troie? Pourquoi faut-il que Jupiter, par un vent contraire, ait repoussé nos vaisseaux dans l'Ëuripe? Mais Jupiter, arbitre des saisons et des vents, tantôt accorde aux mortels un souffle caressant qui enfle
' Comment Iphigënie , qui , dans son entretien avec son père , ne sait pat même où est le paji des Phrygiens, est-elle si bien instruite de l'his'* toire de P&ris? (G.)
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doucement leurs voiles, tantôt déchaîne contre eux les tempêtes : il fait partir et arriver les uns, il arrête les autres. O race des humains, à quels maux n'es-tu pas condamnée! N'étiez-vous donc point assez misérables par votre nature? Qu'avez-vous besoin de courir vous>mémes à votre perte, et de provoquer vos funestes destins!
LE CHOEUR
Hélas, hélas! que de larmes, que de douleurs la fille de Tyndare va coûter aux Grecs! O Iphigénie ! je gémis sur votre infortune; vous étiez di^e d'un sort plus heureux.