‹ Œuvres complètes de J. RacineChapitre 258 sur 328 · SCENE IIL · texte numérisé non relu

SCENE IIL

THÉSÉE

Misérable, tu cours à ta perte infaillible! Neptune, par le fleuve aux dieux mêmes terrible , M'a donné sa parole, et va l'exécuter.

Un dieu vengeur te suit, tu ne peux l'éviter. Je t'aimois; et je sens que, malgré t<m offense', Mes entrailles pour toi se troublent par avance. Mais à te condamner tu m'as trop engagé : Jamais père., en effet, fut-il plus outragé!

' Cette scène, Tune des plus belles de la pièce, appartient tout entière à Euripide; mais, d'après le caractère des deux nations, le poëte grec y a mis plus de simplicité et de naturel , plus d'abandon et de cbaleur ; le poëte François , plus de précision et de noblesse, un choix plus délicat et un goût plus fin. (G.)

* Ce retour vers la tendresse paternelle est naturel et touchant : on n'en a pas aperça la plus légère trace dans le long entretien du père avec le fils, parceque l'aspect du coupable aigrissoit la colère du juge. Thésée, chex Euripide, est encore plus dur, plus irrité, plus violent. La mort de sa femme , et la lettre qu'il regarde comme une preuve évidente , doivent aussi l'enflammer d'un plus violent courroux. (G.)

422 PHÈDRE

Justes dieux, qui voyez la douleur qui m'accable, Ai-je pu mettre au jour un enfant si coupable!

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