MONIME, XIPHARÈS
XIPHARÈ9.
Que dirai-je, madame? et comment dois-je entendre Cet ordre , ce discours que je ne puis comprendre? Sei*oit-il vrai, grands dieux! que trop aimé de vous Pharnace eût en effet mérité ce courroux? Pharnace auroit-il part à ce désordre extrême?
MONIME
Pharnace ?0 ciel ! Pharnace ! Ah ! qu entends-je moi-même?
Ce n'est donc pas assez que ce funeste jour
A tout ce que j'aimois m arrache sans retour,
Et que, de mon devoir esclave infortunée,
A d'éternels ennuis je me voie enchaînée?
Il faut qu'on j'oigne encor l'outrage à mes douleurs!
A l'amour de Pharnace on impute mes pleurs!
Malgré toute ma Laine on veut qu'il m'ait su plaire!
' Cette pensée semble imitée d'Ovide, qui fait dire à Médée:
•• Qu6 feret ira , sequar : facii fortassè pigebit. »
« Tout ce que la colère roUnspirrra, je le ferai, dussé-je m*en repentir. »