‹ Œuvres complètes de J. RacineChapitre 67 sur 328 · ACTE V, SCÈNE IV. m · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE IV. m

Ces mots m ont fait trembler pour^vous , pour Xipharès : J ai craint, j ai soupçonné quelques ordres secrets. Tout lassé que j'étois , ma frayeur et mon zélé M'oot donné pour courir une force nouveUe ; Et , malgré nos malheurs , je me tiens trop heureux D avoir paré le coup qui vous perdoit tous deux.

Ah ! que , de tant d'horreurs justement étonnée , Je plains de ce grand roi la triste destinée 1 Hélas ! et plût aux dieux qu'à son sort inhumain Moi-même j'eusy pu ne point prêter la mam , Et que , simple témoin du malheur qui Taccable , Je le pusse pleurer sans en être coupahle ' I II vient. Quel nouveau trouble excite en mes esprits Le sang du père , ô ciel ! et les larmes du fils !

pour an fils aussi vertueux que brave, efface Todieuxde sa cmautë et de sa jalousie, et le fait aimer et plaindre du spectateur, maigre ses TÎees. Ce retour vers Xipharès qu'il aime, et qui lui rend dans ce moment le service le plus cher à son cœur, est absolument dans la nature : le don qu il fait en mourant de la main de Monime à ce fils victorieux', n'a rien qui dëmente son caractère. (G.)

> Cest la trahison de Phamace qui est cause de la iftort de Mithridate, et non pas Monime ; mais on lui pardonne volontiers cette erreur, et sa douleur est d'autant plus généreuse, qu'elle plaint cdoi qui ropprimoit, et ^'elle aime mieux s'accuser elle-même que d'accuser son ennemi. (L. )

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